Hier encore, j'étais en tongs, ventilateur braqué sur le visage, à me tremper toutes les deux heures dans la piscine pour éviter la combustion spontanée. Et là, d'un coup, au détour d'un rayon chez Leclerc, calés entre deux packs d'eau et des parasols en solde : les cartables Spider-Man et les cahiers 24x32. La rentrée scolaire. Déjà. J'avais pas reçu le mémo. Mon corps était resté bloqué en mode « été à 40 °C », mais le calendrier, ce fourbe, avait déjà tourné trois pages sans demander mon avis.
Il faut dire qu'on a pris un sacré tarif. La chaleur, au début, c'était cool. On enchaînait les grillades et les pool-parties, persuadés qu'on maîtrisait le game. Et crois-moi, à Nidorfla dans le Grand Est (l'endroit le plus proche de la Sibérie sur la carte), ça veut dire beaucoup. Mais quand le thermostat reste bloqué sur max, tu te prends à rêver de l'hiver canadien. T'as en permanence « le rideau qui colle aux fenêtres » ou « les bonbons qui collent au papier » si t'es un homme - moins classe mais très visuel.Tu fouettes comme un martinet du matin au soir, tu dors quatre heures par nuit, tu te relèves trois fois pour aller boire. Et autant pour aller pisser. Franchement, c'est pas une vie : même un hamster dans sa roue a une existence mieux ventilée que la tienne.
Canicule et vagues de chaleur : le spin-off météo qu'on n'a pas demandé
D'après France Info, on vient d'enchaîner notre 4ᵉ vague de chaleur. Personnellement, je n'avais même pas remarqué qu'il y avait eu des pauses. C'est comme Sex and the City : on ne sait plus combien il y a de saisons, mais on continue de subir. Météo France nous a pondu le découpage officiel du désastre :
- Le teaser (fin mai) : 13 départements en vigilance orange. Une bande-annonce bien angoissante pour chauffer la salle.
- Le blockbuster (17-30 juin) : deux semaines « historiques » selon les experts. Le genre de film où tout le monde finit en nage.
- La suite pas nécessaire (4-19 juillet) : Un peu moins violente, mais deuxième plus longue vague de l'histoire. Le Jurassic Park 2 de la canicule.
- Le spin-off de trop (28 juillet-18 août) : 3ᵉ (ou 4ᵉ) vague, on ne compte plus, de toute façon le cerveau a fondu.
Plan anti-canicule : mes stratégies de survie
Pour éviter la déshydratation critique, j'ai dû adopter des réflexes de commando.
Le ventilateur est devenu mon meilleur pote. Je l'ai traîné dans toute la maison : cuisine, salon, WC. Je lui ai donné un prénom. Il ne répondait pas, ce qui en faisait le membre le plus agréable de la famille.
Le glaçon a failli être ma nouvelle religion. Ces feignasses de cubes fondaient trop vite pour être utiles, mais je continuais à en mettre dans mon verre. Par principe. Comme on allume un cierge à l'église sans trop croire au miracle.
Ensuite, il y a eu le grand débat du volet avec z'Homme : le fermer pour dormir un peu plus longtemps le matin, « à la fraîche » (expression supprimée du dictionnaire depuis mi-juillet ) ou l'ouvrir en grand pour « faire entrer un peu d'air » (idem).
Il y a aussi eu la carafe à Spritz graduée, pour avoir la dose parfaite à chaque fois. Parce que, pardon, mais le Spritz rafraîchit largement plus que l'eau. Déjà parce que le verre est blindé de glaçons, et ensuite parce que les bulles, ça rafraîchit le palais. Si, si, je t'assure, c'est prouvé.
Il y a même eu un moment où je me suis dit qu'avec cette chaleur on pourrait tous êtres nus. Et puis j'ai regardé mes voisins. Et finalement non.
Il y a surtout eu la piscine, qui a sauvé mon cerveau de l'obsolescence non programmée. Je sais, c'est 200 kg de CO₂ par an. Mais bon, je fais mes courses avec un sac en tissu et je refuse les pailles en plastique, donc j'estime que ça compense. Et en plus, je me suis refusé l'achat d'un chapeau à ventilateur solaire en plastique chinois. Alors la planète et moi, on est quitte.
Rayon fournitures : le choc frontal des achats de la rentrée scolaire
Et là, PAF. Sans transition, sans même un léger crachin pour te préparer psychologiquement, tu passes direct du maillot de bain au tri-classeur. Dans le même rayon, la frite de piscine fluo en solde côtoie les cahiers Clairefontaine. Sérieux ? Même Leclerc sait plus quelle saison choisir.
Devant moi, une mère consulte sa liste de fournitures scolaires avec des yeux d'otage. On est tous dans le même bateau : nos corps réclament la sieste et le Spritz de 18h, mais notre cerveau doit subitement intégrer l'imminence de la rentrée scolaire avec des mots barbares comme « nouvel emploi du temps » ou « baskets taille 43 pour Piou-Piou ».
Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant, coincés entre deux saisons qui n'ont rien à se dire ? Soit on profite des derniers jours de soleil en faisant semblant que tout va bien. Soit on se rappelle qu'on est directement responsables de ce dérèglement climatique, qu'on n'a rien fait à notre échelle pour l'éviter, mais qu'on aura tout oublié dès qu'il fera 4 °C en novembre.
Allez, remets des glaçons.





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