Une Tyrolienne au Costa-Rica

Une Tyrolienne au Costa-Rica

25 août 2017 0 Par Barbara

La tyrolienne la plus longue d’Amérique latine est à Monteverde, Costa-Rica, et elle est entièrement située dans la forêt première ; en marketing, ça s’appelle une Unique Selling Proposition. Le truc irrésistible quoi.

Pour tout te dire, j’aurais volontiers décliné poliment cette aventure en prétextant une traduction urgente à rendre ou le mal des (h)auteurs, mais z’Homme et les greffons se sont montrés inflexibles, psycho-rigides même.
Louloute me dit :
– « Allez maman, ça va aller, courage, pense au billet que tu pourras écrire ensuite, hein ? »
Pioupiou renchérit en tapant dans les mains :
– « A-llez ma-man, a-llez ma-man, a-llez ! »
Z’Homme ajoute :
– « Allez ma chérie, tu auras la trouille au premier câble et après ça ira tout seul ! »
Mais c’est Le Grand qui porte l’estocade :
-« Allez maman, on fête 70 ans à nous deux, c’est le moment ou jamais ! »
J’avais à peine dit oui à demi-mot et à voix basse que déjà le guide me faisait enfiler l’équipement de rigueur : harnais, poulie, casque et gants. De vrais clones de Bob le bricoleur.

Pendant qu’on faisait la queue, j’élaborais des scénario plausibles pour me sortir de ce mauvais pas : je suis en train de faire une hypo, j’ai oublié de faire pipi, je me sens mal, en fait, et j’ai peur de vomir sur la canopée. Mais la machine infernale était lancée, plus moyen de faire marche arrière. Juste avant de grimper sur la première plateforme, un jeune tico qui avait l’âge d’être encore à l’école nous explique comment placer les mains : pas devant la poulie si on veut garder nos doigts, derrière la poulie mais sans trop appuyer sur le câble si on veut pas rester bloqués au milieu du câble …tout un tas de trucs que j’entends d’une oreille distraite. La mort dans l’âme, je me suspends au câble et je laisse le ranger me pousser dans le vide. Un cri d’effroi plus tard, je réalise que, en fait, ça va et même – incroyable mais vrai – c’est presque agréable comme sensation. T’emballe pas, j’ai dit presque. L’arrivée à la 2ème plateforme est un peu brutale vu que j’ai oublié comment on freine. Les suivantes s’enchaînent rapidement, un peu plus et je me détendrais presque. Le dernier câble c’est le clou du parcours : 1 km de descente qui file vite, très vite et … c’est déjà la fin.

La fin et aussi la faim : celle omniprésente des greffons. Pas fâchée d’en avoir fini, je retrouve moi aussi l’appétit en même temps que les couleurs. Je me réjouis de reprendre une vie normale et de retrouver les plaisirs simples de la pura vida. Comme observer les colibris et leurs 60 battements d’ailes à la seconde, voir les aras rouges passer en criant au-dessus de nos têtes, jouer à cafard buster dans notre chambre… Toutes ces petites choses que tu considères normales et naturelles quand t’es là, au Costa-Rica. Alors qu’en vrai, c’est juste magique ce pays : 10 fois plus petit que la France, mais il abrite 5% de la biodiversité mondiale et 20% des papillons. Démilitarisé en 1949, il se retrouve classé premier au Happy Planet Index Score avec une empreinte écologique équivalente à 1/3 de celle des USA. Tu crois que si on supprimait notre armée, on ferait aussi bien qu’eux ? Oula, je deviens utopiste, il est temps que je rentre à la maison.