Bonne résolution, au singulier

Depuis le temps que les bonnes résolutions existent, on devrait savoir que 9 sur 10 sont destinées à échouer[1]. Autant se concentrer tout de suite sur la seule qui va réussir.

Les neurosciences l’ont démontré[2] : le cerveau n’est pas multi-tâches (non, même pas le cerveau féminin – je sais, c’est douloureux un mythe qui s’effondre). Il est temps de trouver d’autres stratégies.

Par exemple, poursuivre un seul objectif à la fois. A la fois, donc, pour booster ses neurones qui travaillent mieux en mono-tâche et pour garder confiance en soi. Confiance dans le fait que l’objectif fixé peut être atteint. Qu’il est accessible. Faisable. Et non illusoire.

Comme par exemple d’espérer perdre 18 kilos d’ici le printemps quand on porte ces kilos depuis 10 ans. Ou de vouloir arrêter de fumer du jour au lendemain quand on est fumeuse depuis toujours. Notez bien que certains et certaines arrivent à se fixer des objectifs XXL et à les atteindre. Certes. Mais cessons de nous comparer aux autres, c’est épuisant à la fin.

Et d’ailleurs une résolution est un engagement d’abord envers soi-même. Perso, je suis une adepte des petits pas, façon kaizen. Les grands objectifs me stressent inutilement. Et puisque la volonté est une ressource mentale limitée, autant ne pas la diluer sur des buts inatteignables. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir de grandes ambitions. Mais c’est la pression à la réussite qu’il faut éviter.

Mettre tout en œuvre pour arriver à ses fins tout en se détachant du résultat ? Très zen comme idée. Léo Babauta va encore plus loin sur son site Zen Habits en déclarant que le meilleur objectif est encore de ne pas en avoir du tout (the best goal is no goal). Pas facile comme vision, je vous l’accorde.

En attendant d’avoir atteint ce degré d’éveil, je vais sacrifier à la bonne vieille coutume occidentale et prendre, moi aussi, une bonne résolution pour 2015 : bloguer encore plus.

Parce que, comme dirait mon père, « un bon tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».

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[1] Étude décrite sur le site Quirkology de Richard Wiseman, magicien devenu psychologue qui met le paranormal à l’épreuve de la science.

[2] Voir entre autres Eric Gaspard, professeur de mathématiques et porteur du projet www.neurosup.fr, dont la raison d’être consiste à « Rassembler et présenter la synthèse des dernières avancées en neurosciences, qui permettent de mieux réussir, plus facilement et avec plus de plaisir, tout apprentissage ».

Chante toujours, tu m’intéresses !

Vous avez remarqué que c’est impossible de chanter avec les enfants ?

L’autre matin, j’emmène le petit dernier à son cours de batterie et pendant le trajet en voiture, je commence à fredonner une chanson que j’ai visionnée ce matin sur Youtube. Je sais, c’est Céline Dion, et oui, c’est plein d’émotions. D’ailleurs je ne peux m’empêcher d’être émue en chantant à tue-tête For all the truth that you made me see quand soudain, j’entends cette petite voix flûtée que j’aime bien en temps normal, mais qui me dérange là, tout de suite : « Maman ? ». Je continue à chanter en me disant il va comprendre que c’est pas le moment, hein ? Mais non « Maman ! ». Je m’obstine à l’ignorer et reprend un cran plus haut For all the joy you brought to my life. Mais la voix n’en reste pas là et répète avec une nette impatience : « Maman !! » puis « Mamannnnnn … je veux te dire quelque chose-eu ». J’allais entonner For all the wrong that you made right mais la moutarde me monte au nez.

Que pensez-vous que je fis ?