Mangez des pommes

Slogan inofficiel de la campagne présidentielle de Jacques Chirac, c’est tout de même à Steve Jobs que cette injonction a le mieux réussi. Quitte à nous prendre pour des poires.

Je vais au « Apfel-ladala » de Bâle excitée comme une puce : mon nouveau Mac sous le bras et une liste de questions, dont comment synchroniser mes contacts et mon calendrier avec mon téléphone de la même marque. Je sais, c’est bête comme chou mais j’ai pas le courage de tout réinstaller. Le conseiller jette un œil et trouve que ça ressemble à s’y méprendre à un univers PC : des choses qui traînent partout, rien n’est synchronisé, tout est confus. Et pourquoi une sauvegarde sur 3 nuages différents, je vous le demande ? Enfin, c’est lui qui me pose la question et je dois ressembler à un poisson rouge qui a quitté son bocal. Je suis perplexe mais il est catégorique : il y a des bugs liés, entre autres, à des comptes multiples ouverts certains soirs d’ivresse ou de perte de mémoire.

Le mieux est de tout réinstaller. Manuellement. Par opposition à brancher sa Time Capsule et la laisser bosser pour vous. C’est ballot, vu que c’est quand même un peu à ça que ça sert le matériel à la pomme, qui coûte un bras, une jambe et un œil, surtout quand on commence à être multi-équipé. Mais bon, je me dis, il doit s’y connaître le type hein ? Bilan : je rentre dare-dare me coltiner le fameux transfert à la main et je constate après toute une journée de sombre galère que 1) je ne vais jamais récupérer mes archives de mail ni mes boîtes aux lettres intelligentes 2) mes logiciels sous licence ne pourront être réinstallés que moyennant leur re-paiement, en tout ou en partie. Je peux bien sûr tenter le service client, why not, mais là faut s’armer de patience et l’issue est incertaine 3) tous mes signets et mes diverses configurations sont à reprendre une par une. C’est la misère.

Contrairement à ce qu’affirme z’Homme, qui cherche encore la touche SUPPR sur son clavier Mac, je ne suis pas une geek et je manque singulièrement de patience. D’ailleurs, ça il le dit aussi. La preuve qu’il dit plein de choses frappées au coin du bon sens, ce z’Homme. Mais je m’égare. De guerre lasse, et après m’être escrimée toute une journée sur une myriade de problèmes insolubles à mon niveau d’utilisatrice lambda, j’opte tout de même pour la réinstallation automatique. Ma deuxième visite au Apfel-ladala est nettement moins enthousiaste mais devrait me permettre de faire une réinstallation propre, me jure le conseiller. Je vous passe les crises d’angoisse au moment d’effacer le disque dur – et que vous vous retrouvez devant le message qui précise que cette opération est irréversible -, les frayeurs quand le disque de sauvegarde n’est pas reconnu – et que vous débranchez puis retranchez fébrilement la box, la time capsule, le mac, le grille-pain, … –

10 heures (!) plus tard, j’ai un mac qui fonctionne à nouveau mais j’ai toujours pas réglé mes problèmes de synchronisation, ni le reste d’ailleurs. Retour à la case départ. La migraine en plus.

Pas sûre d’être d’accord avec mon père : an apple a day keeps the doctor away.