Comment un simple bas de jogging peut ruiner tes relations avec ta fille

Humour Me comment un simple jogging peut ruiner tes relations avec ta fille

Comme tu as pu le constater, je ne suis pas une top influenceuse en matière de mode. Avec un budget fringues plus proche de Tati que de Vogue et une nette préférence pour mon bas de jogging, régulièrement élu vêtement de l’année pour son confort inégalé, je pars avec un gros handicap face aux Reines du Shopping.

Même, j’envie secrètement la garde-robe de z’Homme. Pas de robes, jupes, jupe culottes, jeans tailles basses, tailles hautes, slims, trois-quarts, leggins dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Non, pour z’Homme le choix est binaire : chemise + jean OU chemise + pantalon noir. Cette combo gagnante se décline parfois avec un pantalon gris ou marron quand il se sent d’humeur audacieuse. Comme disait Zuckerberg, abonné au sweat à capuche et tee-shirt gris, c’est pour pas fatiguer le cerveau inutilement. Comme ça t’as de la place pour les questions plus importantes du genre « qu’est-ce qu’on va manger ce soir ? ». J’ai jamais été une fashionista acharnée, mais depuis Marie Kondo et le minimalisme, j’ai considérablement simplifié ma garde-robe. À tel point que désormais, z’Homme ne m’offre plus de cadeaux mode mais des iAccessoires. Aussi chers qu’un carré Hermès mais nettement plus utiles.

Team Córdula

N’empêche, même si je joue pas pour la Team Córdula, ça m’a quand même fait un coup quand Louloute m’a dit qu’elle allait s’acheter des fringues sans moi : « non pas avec toi maman, sérieux, déjà que t’es … enfin plus trop… plus vraiment… pas jeune quoi … et en plus… pas très tu vois….branchée … mode … en même temps… je préfère y aller … avec une copine. » Notre conversations est hachée, comme si on passait sous une série de tunnels, parce qu’elle fait des snaps ou qu’elle répond en message vocal en même temps. Alors j’étais pas sûre qu’elle s’adressait bien à moi. Ou peut-être que je voulais pas y croire. Attends, hier encore je lui achetais des robes à pois avec des collants multicolores, ça va juste trop vite tout ça !

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Un cachalot dans une piscine

Bon, en même temps, il faut voir le verre à moitié plein : plus besoin de m’exposer aux odeurs d’aisselles dans les cabines d’essayage, plus besoin de lui donner mon avis qui lui sert à décider le contraire et plus besoin de porter des sacs qui me défoncent les bras. « Tu me donnes ta carte, maman ? ». Je lui tends un billet : « Même pas en rêve, tu te débrouilles avec ça… ». Z’Homme, avec la subtilité d’un cachalot dans une piscine, intervient : « Si tu veux, moi et ma carte de crédit on vient avec toi ma Louloute ». Et là, miracle, elle lève les yeux de son portable, son visage s’illumine comme si elle venait de rencontrer Jésus en personne, et elle répond … « ouais, c’est top ! » J’HALLUCINE ! Z’Homme se tourne vers moi, surpris par mon regard hostile : « C’est pas une bonne idée ? J’ai pas bien fait ? ». Je lui réponds : « Nan-nan, c’est cool, vas-y».

[Spoiler : quand une femme te dit ça, en réalité elle veut dire « mais bien sûr que c’est grave et tu vas me le payer ».]

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations

Le Père-Noël est une ordure

Cette année, z’Homme a glissé un cadeau de Noël pour moi sous le sapin. Intriguée et ravie, j’ai déballé ce joli t-shirt vert pimpant. Mais la preuve qu’il ne faut pas croire au Père-Noël, z’Homme a rajouté qu’à partir de maintenant, ça allait changer. Message reçu 5 sur 5.

C’est que z’Homme s’est auto-proclamé mon coach sportif personnel et il est deter’ à « révéler tout mon potentiel de coureuse » (sic). Je devrais être flattée vu son track record mais la première pensée qui me vient c’est plutôt OMG. Parce que quand z’Homme a trouvé un os, il se met en mode pitbull et il le lâche plus. Et effectivement, je me suis retrouvée à faire du fractionné le jour du 24 décembre, quand les honnêtes gens préparent tranquillement le dîner de Noël. Pour les non-initiés, le fractionné consiste à alterner des séquences de course très rapides avec des séquences de récupération, histoire d’améliorer son souffle et donc ses performances. Parlons-en des performances. J’ai beau dire à z’Homme que je cours pour le plaisir – traduisez, pas pour souffrir – il ne veut rien entendre. De toutes façons, me dit-il, tu te plains toujours de prendre du poids pendant les fêtes. Comme ça tu vas pouvoir é-li-mi-ner.

Bon, dit comme ça, c’est tentant. Sentant ma résistance fléchir, z’Homme m’a aussitôt concocté un programme d’entraînement pré-, péri- et post-Noël avec nouvelles résolutions pour 2016 et tout le tintouin. Aujourd’hui je vais avoir droit à une sortie avec du dénivelé. C’est bon pour ce que j’ai, à ce qu’il paraît. C’est peut-être pour ça que je me suis un peu lâchée sur le vin hier soir ? Mon foie proteste tout de même un peu ce matin, mais moins que d’habitude et je lui ai dit de la boucler vu que je vais courir aujourd’hui. Et d’ailleurs, idem pour mon début de migraine qui n’a qu’à bien se tenir parce que sinon, à quoi ça servirait que je me décarcasse, hein ?

Bref en attendant que z’Homme siffle la fin de la récré, j’observe avec envie mon petit dernier monter les 25’000 pièces de son lego Star Wars sans aucun problème digestif ni coach sportif. La cadette, tout aussi alerte – à part quelques problèmes d’acné mais ça, ça ne compte pas, hein – remet de l’ordre dans ses tiroirs cosméto qui ont fait le plein. J’entends le grand hurler de joie dans sa tanière parce qu’il vient de réaliser un pentakill qui le propulse au rang de Platinium 5 sur LOL. Bref tout va pour le mieux au pays des greffons qui ne préparent pas à manger, ne vident pas le lave-vaisselle, jouissent tranquillement de leurs cadeaux de Noël et surtout ne vont pas courir.

Comme dirait mon père qui l’a peut-être emprunté à un certain Georges Lucas : que la force soit avec moi.