La femme chocolat

Si ça ne tenait qu’à moi, je collerais Pâques en hiver. Parce que faire coïncider la haute saison du chocolat avec l’arrivée des beaux jours, je sais pas qui a eu cette idée, mais c’est vraiment pas cool.

Je m’explique : printemps rime avec amincissement. Avec ma ligne qui tient plus de la courbe que de l’angle, l’arrivée des beaux jours est forcément une source de stress. Surtout quand z’Homme me fait remarquer avec toute la diplomatie dont il est capable que je me suis un peu enrobée cet hiver (rassure-moi, c’est le tee-shirt qui te grossit comme ça ?) Je me dis que la vie est trop injuste : une poule enrobée, quand elle est au chocolat, ça dérange personne hein !

Mais revenons-en à nos agneaux qui, ayant l’avantage d’être trois, se sont vus offrir une montagne de lapins de Pâques dans toutes les tailles et dans toutes les variations, noir & blanc ou couleur, TROOOP mignons pour les mettre au placard. Résultat : à chaque fois que je passe devant la machine à café – et c’est quand même souvent dans une journée de blogueuse au foyer – ils me tapent dans l’œil.

L’opération maillot a peut-être commencé, mais les bourrelets de l’hiver jouent les prolongations. Alors je craque et j’en croque. Mais comme dans les polars, le plus difficile est de brouiller les pistes.

L’adulescent me demande, perplexe :

– « Maman, je trouve plus mon lapin, tu sais le tout grand ? Tu l’as pas mangé quand même ? »

Je feins l’indignation :

– « Ah non, c’est pas moi. »

Et j’ajoute, pour faire bonne mesure :

– « Je le jure sur le pot de Nutella. »

Puis je balance sournoisement :

– « Ça doit être pioupiou qui l’a mangé, je vois que ça. »

Pioupiou – j’aurais pourtant juré qu’il était plongé dans son bouquin – se récrie avec véhémence :

– « C’est pas vrai, c’est pas moi ! »

Il clame son innocence avec tant de sincérité que j’embraie pour faire diversion :

– « C’est sûrement ta sœur alors ? »

Mais Pioupiou se sent obligé de rajouter :

– « Nan c’est pas elle, je la surveille. »

C’est hélas la triste réalité.

Je joue alors mon va-tout :

– « À tous les coups c’est papa ! »

Ne me jugez pas : le chocolat suisse, ça le vaut bien.

 

Et comme dirait mon père, la meilleure défense c’est encore l’attaque.

 

Craquer pour un fondant

Vous avez remarqué que nos enfants ont la fâcheuse tendance à engloutir la petite douceur que l’on s’était mise (subrepticement) de côté ?

Je m’étais réservée un moelleux au chocolat, planqué dans le bac à légumes du frigo. Sur un paquet de 4, ça ne me paraissait pas exagéré. Oui, je sais, on est 5, mais quelqu’un d’autre peut se sacrifier pour changer, non ? Alors le moelleux, c’est le truc au cœur fondant qui se mange tiède, pour que le chocolat se barre quand vous plongez la cuillère dedans. Je vous ai mis l’eau à la bouche ? Ben changez votre visuel parce que quand j’ai ouvert le frigo, il n’y était plus ! Après enquête, c’est mon ado de service qui se l’était goinfré vite fait en rentrant du lycée. « Ben quoi, y avait pas ton nom dessus ! ».
Je l’ai envoyé m’en chercher un autre au P’tit Casino du coin, et fissa. Faut pas exagérer tout de même.
Comme dirait mon père : « ils nous tondraient la laine sur le dos. »