Dalaï lama unplugged

Je m’étais dit, en prenant mon ticket pour la venue du Dalaï lama à Bâle, allons voir ce saint homme de près. C’est bien sûr une façon de parler quand 7600 autres fidèles l’attendaient de pied ferme, dont une écrasante majorité d’exilés tibétains de Suisse et du Liechtenstein venus acclamer leur guide spirituel en famille.

Ce qui m’a d’abord surprise, c’est l’ambiance bon enfant de cet événement, très folklore tibétain avec des jupes longues aux couleurs chamarrées pour les femmes et des gamins en costume traditionnel qui courent partout. En même temps, c’était cohérent car rien ne ressemble moins à un gourou que le Dalaï-lama et son sourire espiègle.

Sourire que j’aurais eu du mal à deviner depuis mon gradin s’il n’y avait eu des écrans géants pour zoomer sur le visage de l’humble moine, assis en lotus sur un trône haut en couleurs. Avec sa robe traditionnelle pourpre et ocre, sans manches donc, et les pieds nus, je me demandais surtout comment il faisait pour ne pas être gelé dans cette grande salle. Les projecteurs, dont il se protégeait avec une invraisemblable visière de joueur de golf, devaient sans doute lui donner chaud.

J’ai trouvé un peu ardue la session d’explication de textes du bouddhisme dispensée par Sa Sainteté en tibétain et traduite, avec un regrettable décalage, par un sémillant Mathieu Ricard. Lequel, soit dit en passant, avait fait une conférence la veille qui valait le déplacement. Bref, le message du Dalaï-lama avait du mal à passer dans mon cerveau d’occidentale, embrumé qui plus est par les excès de la veille.

En revanche, sa conférence intitulée « Ethique séculaire pour le monde d’aujour’hui », était beaucoup plus accessible pour les non-initiés et j’en ai retenu deux notions clés :

  • dans un monde en grande partie sécularisé, la religion en soi ne peut plus être la seule fondation universelle des valeurs morales.
  • les valeurs humaines prennent de plus en plus d´importance dans notre société matérialiste. Nous avons donc besoin aujourd’hui’hui d’une approche visant à développer les valeurs intérieures, indépendamment de dogmes religieux.

Voilà pourquoi je retournerai voir le Dalaï-lama à chaque fois que cela sera possible tandis qu’il y a peu de chances que je me déplace pour notre bon François, et je ne parle pas du chef du gouvernement.

Car comme dirait mon père, si la religion est l’opium du peuple, je ne veux pas mourir droguée.

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Pour aller plus loin :

Voir le Condensé « Le Dalaï-lama en + mot »

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