Alors cette Saison 3, c’est pour bientôt ?

52 nuances de vie Saison 3

Y a des questions qui au début t’émeuvent, te touchent, te flattent, et qui, subrepticement, sans que tu t’en aperçoives, au bout d’un moment, finissent par t’agacer grave.

Un peu comme la question de ton âge quand t’as passé la trentaine (et je t’explique même pas vingt ans plus tard). En ce moment, la question du jour c’est : « Alors cette Saison 3, c’est pour bientôt ? ». Au début, j’étais contente d’avoir des fans, t’imagines la classe ? Des gens qui crient ton nom Barbaraaaaaaaa comme si leur vie en dépendait, c’était tétra-cool (en fait c’est parce que je leur marchais sur les pieds, mais ça, t’es pas obligé de le savoir).

Et puis sans en avoir l’air, au fil du temps, le questionnement est devenu plus insistant, le ton plus impatient, genre : « Tu la sors quand ta Saison 3 BORDEL? Sérieux quoi, mets-toi un peu au travail ! ». Puis on est passé aux questions interro-négatives : « Ta Saison 3, elle serait pas encore prête, par hasard, HEIN HEIN HEIN ? », qui voulaient clairement dire « T’as encore rien foutu cette semaine, comme d’hab ».

Si toi aussi tu penses que écrire = trop la planque, attention spoiler : en vrai, c’est tout le contraire. Tu bosses tellement que tu finis par souffrir d’un dédoublement de la personnalité. Tu penses que c’est normal d’écrire un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Tu trouves que France Culture est devenu mainstream. Tu parles à ta Senseo et tu es persuadée qu’elle te comprend.

Tout ça pour dire que j’ai bossé d’arrache-pied pour te présenter bientôt très prochainement la Saison 3 des 52 nuances de Vie qui est presque fin prête.

Que j’ai confié la maquette de couverture à une artiste dont je dévoilerai bientôt le nom.

Que z’Homme y est über présent.

Que les z’Enfants n’y sont pas encore absents. Ben non. Toujours pas. C’est pas faute d’essayer.

Et que si tu continues à me courir sur l’échalote, je vais faire de la Saison 3 une édition limitée. À un seul exemplaire. Tu l’auras cherché.

Écrire, c’est mourir un peu

D’habitude, la cohabitation avec mon mac ne me rebute pas. Mais à force de lire et relire les mêmes textes, de faire et refaire leur mise en page, je suis passée de la proximité à la promiscuité. Et ça devient vite aussi pénible que d’écrire de la main gauche.

Évidemment, la relecture d’un texte est laissée à l’appréciation de son auteur-e. On n’est pas regardant sur Kindle. Rien ne m’empêchait de me la jouer en mode blogueuse qui publie sans relire, du genre je-viens-de-me-lever-et-j’ai-brusquement-envie-de-publier-un-livre. Mais bon. On ne se refait pas. Je me suis mise à l’ouvrage, à des heures indues, car de perdues, en plein mois de septembre, il n’y en avait plus, et je me suis attaquée à la publication amazonienne des 52 nuances de vie.

Évidemment, septembre oblige, c’était aussi le mois de la rentrée, qui devient franchement casse-pieds avec les années. C’est comme de faire une série d’abdos, on ne s’y habitue jamais. Après une valse-hésitation qui a duré tout l’été, l’aîné a finalement dégoté une formation post-bac deux jours avant la rentrée, me laissant apprécier à sa juste mesure la notion de very last minute appliquée à l’achat d’un ordi, de vêtements de travail et d’abonnement de train, entre autres. La cadette a changé de collège en même temps que de pays, pour faire bonne mesure et l’absence de liaison directe outre-Rhin m’a obligée à tester avec elle le parcours en voiture, en bus et à vélo en mode banc d’essai. Heureusement que le troisième s’est contenté de passer du CP au CE1 dans la même école du même village avec les mêmes copains et les mêmes maîtresses. Au moins, pas de changement sur ce front-là. Même pas de nouveau cartable à acheter.

Évidemment, comme j’avais déjà pratiqué l’autoédition avec les Condensés En 1 mot, je savais comment télécharger mon fichier Word sur Kindle Direct Publishing. Je savais que c’était pas la peine de se casser à faire une table des matières interactive, elle passerait pas. Je savais aussi qu’il fallait absolument créer une couverture qui attrape le regard. N’écoutez pas ceux qui disent qu’on « ne juge pas un livre sur sa couverture », sur Amazon on ne fait QUE ça. Bref, je connaissais les ficelles de l’auto-publication et je savais à quel point c’est chronophage. Ce qui aggrave mon cas, parce que se lancer dans ce grand chantier en toute connaissance de cause et – je ne le répéterais jamais assez – en plein mois de septembre, c’est pas terriblement fute-fute. Et c’est pas z’Homme qui vous dira le contraire.

Évidemment, publier un livre est une chose, faire la promotion dudit livre c’en est une autre. Ayant fait mes études marketing il y a une paire d’années, à une époque où les téléphones portables et internet n’existaient pas (on avait tout de même l’électricité, merci), j’y suis allée à tâtons. En langage chic, ça s’appelle être autodidacte. En langage de tous les jours, ça veut dire que tu mets dix fois plus de temps à faire mal ce qu’un pro fait bien en deux coups de cuillères à pot. Comme par exemple, la création d’un nouveau blog Humour Me, celui-là même sur lequel vous surfez là maintenant tout de suite, avec toutes ses extensions et ses paramétrages, les nouvelles adresses mail, un nouveau compte Mailchimp, Google Analytics et j’en passe pour pas vous assommer plus que ça.

Évidemment, quand tout a eu été fait et dit, j’en avais ras le bol d’écrire, ne serait-ce qu’une ligne d’instructions sur un post-it. Et maintenant, le mois de septembre touche à son terme. Aucun billet publié, la pile de livres à lire n’a pas diminuée, le rangement de la cave a été remis à plus tard, les nuits ont été courtes. Z’Homme, avec sons sens de l’à-propos, ne manque pas de me le faire remarquer. Et de rajouter : « Combien tu gagnes déjà par bouquin vendu ? ».

Soupir.