Rentrée des grands et des petits

Rentrée des grands et des petits

3 septembre 2014 2 Par Barbara

A chaque rentrée, c’est plus fort que moi : j’ai une irrépressible envie de tenir la main à mes enfants et de franchir la grille de l’école à leurs côtés. Nostalgie ou syndrome de la mère poule ? Qu’importe puisqu’ils ne l’entendent pas de cette oreille.

Je demande à mon aîné qui passe en terminale, funeste année du bac :
« Je peux t’accompagner à la rentrée demain ? » (ton interrogatif-sceptique)
« Maman ! » (l’ado, excédé)
« Ben quoi, moi de mon temps, les parents venaient encore avec ! Enfin, pas toujours, mais quand même… » (je me dis que les temps ont changé)
« Ouais, c’est normal, c’était il y a trois siècles, si tu remontes un peu plus loin en arrière, y’avait même des dinosaures » (l’ado qui sort ses griffes)
« Pfff… » (c’est bien ce que je disais : on comparait pas nos parents à des dinosaures. Bon, parfois on le pensait très fort, mais quand même)
Je me tourne vers la cadette qui, elle, ne fait « que » passer en 5ème:
« Demain, pour la rentrée, je t’accompagne, hein ? » (ton interrogatif-dubitatif)
« Ah non maman, tu viens pas avec moi, c’est trop la honte ! » (la pré-ado, outrée)
« Parce que tu as honte de moi maintenant ? » (je me dis que finalement les temps n’ont pas changé)
« Aucun autre parent ne vient, alors oui, c’est la honte, si toi tu viens. Et puis pourquoi tu peux pas faire comme tout le monde ? »
Je regarde mon petit dernier qui devient un grand ce matin puisqu’il fait sa rentrée en primaire et je me dis, soulagée, que, lui au moins, il a encore un peu besoin de moi.
« Prêt ? Allez, on y va ! » (ton affirmatif-assertif)
Il appréhende la rentrée et ne me lâche pas d’un pouce. Arrivé dans la cour de l’école, il s’accroche de plus en plus à ma main, voire s’y suspend. Un peu plus il me démettrait le bras. Quand tout à coup :
« Tu as vu maman ? Mes copains sont là ! »
Je n’ai pas le temps de répondre que déjà il me lâche la main et va vers eux, tout guilleret. Je le suis des yeux jusqu’à ce qu’il se mette en rang à l’appel de son nom. Sans un regard pour moi.
Je dois me forcer à me rappeler les paroles du Prophète « Vos enfants ne sont pas vos enfants, et bien qu’ils soient de vous ils ne vous appartiennent pas. »

Comme dirait mon père : mieux vaut lâcher nos enfants avant qu’ils ne nous lâchent.