16 km à pied, ça use, ça use…

Dans le top 10 des randos à ne PAS faire, il y a le Sommet du Mont Grêle. Si vous ne savez pas où c’est, continuez à l’ignorer paisiblement. Sinon, vous êtes forcément savoyard, et là, passez votre chemin. Franchement, c’est pas sympa de se moquer des touristes.

Déjà, la balade, elle commence dans le village d’Attignat-Oncin. Autant dire que les on-s’y-noie et les on-s’y-noise, ils rigolent pas tous les jours avec un nom comme ça. Ensuite, la direction Les Échelles, point de départ de la rando, est inconnue au bataillon. A tous les coups, l’équipe chargée du balisage n’est jamais arrivée jusqu’à ce bled. Par défaut, on a suivi le panneau GR9, sans conviction, puis on a fait demi-tour suite à un balisage fourbe qui arborait le bon code-couleur mais indiquait la mauvaise direction. C’est pas la rigueur du Club Vosgien ici. Un papy imbibé au génépi qui roulait en titubant nous a renvoyé dans l’autre sens, nous baragouinant avec insistance que le Mont Grêle était bien d’laut’côté. C’est qu’on pouvait pas le voir avec tout le brouillard qui le cachait. On a fait confiance à l’auto-chtone, d’autant que ça montait raide comme du bois mort, façon ultratrail à la hussavoyarde, alors ça pouvait être que par là. Car tout Sommet qui se respecte rime avec dénivelet, même celui du Mont Grêle, qui lui ne rime pas avec Echelles, c’est sûr. On a pris le sentier pentu avec un enthousiasme modéré en pensant avec nostalgie aux rinkalarankala* de nos montagnes.

Après trois bonnes heures de grimpette façon chamois perclus de rhumatismes, sur un pseudo-sentier défoncé qui se transformait doucement mais sûrement en glissement de terrain, la récompense : l’arrivée au belvédère. Oui enfin, c’est comme ça qu’ils l’appellent par beau temps. Sinon, c’est plutôt très venteux, très brumeux et aussi très dangereux. Mais comme la pause casse-croûte s’imposait, on a tous fait les fayots pour dire que le panorama méritait qu’on s’y arrête. Pour faire plus vrai, on a poussé des oh et des ah à chaque fois qu’on entrapercevait le Lac d’Aiguebelette entre deux nuages. La température avoisinant lentement celle d’une station de ski, on s’est tous mis à rêver d’une tartiflette mais pour ça, fallait d’abord redescendre. Le chemin retour ne nous a pas déçu : on a glissé, on a chuté, on s’est perdus. Arrivés au gîte 6 heures plus tard, crottés et tétanisés, on était sûrs d’une chose : la montagne, ça gagne pas tout le monde.

* rinkalarankala = routes et sentiers en lacets

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