Si t’as Free, t’as rien compris

Panne d’internet depuis dimanche. Alors déjà quand t’es normale, sans web, tu te sens très seule, mais alors quand t’es blogueuse, tu rases les murs, la vie te paraît fade, c’est la grosse déprime de derrière les fagots.

Non parce que poster des billets depuis son iPhone, grand écran ou pas, c’est pas joyeux-joyeux. Et puis écrire du texte en tapant sur le clavier du téléphone avec un seul doigt, y‘a que deux tranches d’âge qui peuvent se le permettre : les ados, parce qu’ils vont plus vite que toi les yeux fermés, les retraités, parce qu’ils vont lentement mais ça n’a plus d’importance. N’étant plus dans un âge et pas encore dans l’autre, il me faut une ligne et fissa. Je sais, ça fait junkie en mode sevrage. Agacée comme il se doit, j’appelle l’assistance Free qui me délivre un « Ticket d’incident » et me demande de patienter, le temps qu’ils fassent un « Test de position » dans les 7 jours ouvrés. Ben voyons. Je présente déjà tous les symptômes de la déprivation, alors patienter ? Je suis peut-être en manque, mais eux ils ont fumé, et pas que d’la moquette. Demander aux « Freenautes » de se passer d’internet pendant qu’ils effectuent « des investigations complémentaires » ? Allô quoi !

Je déboule dans la chambre du grand pour lui annoncer la mauvaise nouvelle – et passer mes nerfs sur lui, ça sert aussi à ça les gosses – quand je m’arrête net sur le pas de sa porte : il est en train de taper furieusement sur son clavier d’ordi, l’air ultra concentré de celui qui vient de s’aventurer seul dans les lignes adverses sur LoL.
Surprise de l’adulte :
« Mais tu as une connexion ??? »
Soupir de l’ ado :
« Comme tu vois »
Re-surprise de l’adulte qui n’en revient toujours pas :
« Mais … je viens d’avoir Free et ils me disent qu’il faudra attendre au moins 7 jours ? »
Silence de l’ado qui trouve l’adulte relou mais finit par lâcher :
« Je suis connecté sur la Livebox de mamie, à côté »
« Elle est pas en panne ? »
Souffrance quasi palpable de l’ado qui détache ses mots comme s’il s’adressait à une attardée mentale :
« Mamie est sur Orange, par sur Free. Tu fais afficher les autres réseaux et tu cliques sur Livebox-1BC2 »
« Y’a pas de mot de passe ? »
« Si, mais mamie me l’a donné »
Indignation de l’adulte, qui croise les bras pour plus d’effet :
« Et tu avais l’intention de m’en parler quand ? »
Pause de l’ado qui évalue ses options et opte pour la franchise :
« Ben c’était pour pas que tu me niques la connexion »
Souffrance de l’adulte.

Note : il y a des jours où je ne sais pas ce que je regrette le plus : d’avoir choisi Free ou d’avoir un ado à la maison.

 

 

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