P’tit déj entre copines

P’tit déj entre copines

29 mars 2017 3 Par Barbara

Nous les filles, faut qu’on cause. De tout et de rien mais surtout de rien. Je dis ça pour rassurer les z’Hommes qui seraient inquiets de nous voir sortir en bande. La vérité ? Z’ont bien raison de se méfier.

De temps en temps, je passe mon dimanche matin au café autour d’un p’tit déj entre copines. C’est la version Maghreb à l’envers : les meufs glandent pendant que les mecs tafent. Sinon à quoi ça servirait que le MLF il se décarcasse ? En même temps, on reste raisonnables : trois heures tous les deux mois parce que sinon, on le sait bien, nos z’Hommes iraient droit au burnout.

Lâchées sans leurs coqs respectifs

les cocottes que nous sommes gloussent et caquettent autour d’une tasse, à défaut d’un ver. Il est vraiment encore trop tôt pour s’alcooliser, surtout qu’on vient de se prendre le passage à l’heure d’été en pleine face. Une heure de sommeil en moins, à nos âges, crois-moi que ça se lit sur les visages. Alors on décide de becter un p’tit-déj politiquement correct. Pas de crémant mais une bonne dose de lactose et de gluten sous la forme d’un cappuccino-baguette, diététiquement fourbe mais teeeeellement bon au palais !

En attendant le pic d’insuline

qui va nous faire gentiment redescendre de notre nuage glucidique, on reste dans les sujets légers du moment : côté vernis, le rouge est Mé(lan)chamment out et le bleu Marine fait couler beaucoup trop d’ancre. Printemps oblige, l’épilation revient sur le devant de la scène et on a une pensée émue pour tous les sourcils broussailleux de France. Par ricochet, on parle chirurgie esthétique. Les oreilles benoîtement décollées, ça se corrige vraiment bien de nos jours.

On en finirait presque par parler politique

si nos préoccupations n’étaient pas bien plus vitales : nos z’ados (forcément pénibles), nos z’Hommes (pas mieux) et nos belles-mères (pires). Et c’est là qu’entre filles on se fait une vraie thérapie de groupe parce que tous les pubères de la planète, tous les maris du monde et toutes les belles-doches de la galaxie présentent les mêmes caractéristiques. Ahurissant. Par exemple, nos z’ados nous posent les mêmes questions bien nulles, du genre « je peux arrêter l’école et prendre des cours par correspondance ? ». Et là, surprise, on répond toutes comme un seul z’Homme : DATP. Ou Demande À Ton Père. Et d’ailleurs, à propos de père, on a constaté à l’unanimité qu’un z’Homme, au bout d’un moment, sa fonction tâches ménagères elle se désactive. Étonnant, non ? Quant aux gentilles belles-mères, on a pu constater qu’elles étaient en voie d’extinction. Comme les baleines.

Reste plus qu’à se trouver un appart en coloc entre filles.

On y travaille.

Barbara