Mauvais poil

Mauvais poil

20 mai 2015 2 Par Barbara

Quand pointent les beaux jours, tombent les poils. Lesquels tombent des nues, au sens propre comme au sens figuré. Il faut dire que, l’hiver aidant, on s’était mis en jachère et on les avait laissé pousser un peu, beaucoup, à la folie, passionnément.

Eux ils étaient en planque, ni vu, ni connu. Mais les poils aux mollets, qui peuvent passer incognitos sous les jeans, sont impensables en été depuis que la guerre a été déclarée aux poilues, et c’était bien avant 14-18. Du coup, on traîne les pieds pour repasser en mode débroussaillage intensif. C’est qu’il s’agit d’arracher d’arrache-pied. Et de souffrir pour être belle, poil aux aisselles.

Car traquer le poil, dans la main ou ailleurs, est un combat de tous les jours. On peut piquer le coupe-chou de son z’homme, ça ne manque pas de piquant même si c’est rasoir. La crème dépilatoire, c’est barbant et réservé à celles qui aiment l’odeur de phacochère mort dans la salle de bain ou qui ont le nez bouché. Pour le traître duvet labial ou le disgracieux poil au menton, y’a que la pince qui en pince mais pour le brésilien, c’est la cire qui est Reine. Laquelle ne provient pas des abeilles mais de certains pins et devrait donc s’appeler résine. Évidemment, c’est moins classieux mais au moins on fait plaisir aux véganes. Sinon dans le genre publicité mensongère y’a la cire au sucre qui n’est pas plus douce que les autres et qui ne se mange pas, pour éviter le poil sur la langue, bien sûr. Il y a aussi le laser, très fasheune, qui cible pile poil le follicule pileux et en profite pour coûter très cher. Hélas, l’épilation n’est pas vraiment définitive, contrairement à la dépense.

Comble de bonheur, ces travaux de sarclage, tonte et élagage sont à reproduire périodiquement. Or si se faire dépiler n’a rien de désopilant, impossible de faire l’impasse sur cette horripilante corvée. A moins de vouloir prendre à rebrousse-poil les idées reçues sur la beauté féminine. Et à s’indigner contre cette féminité censée être lisse et sans poil. Mais ça, c’est un autre combat.