Les Saisies, c’est saisissant !

Les Saisies, c’est saisissant !

25 février 2021 2 Par Barbara

Sans ski alpin, covid oblige, z’homme a déclaré forfait. Sans restos ouverts, il a dit je pass. Ben pas moi. Et je l’ai pas regretté : en arrivant aux Saisies, j’ai trouvé le panorama … saisissant, avec ses montagnes majestueuses, limite intimidantes. Le Mont-Blanc, c’est le boss.

Les remonte-pentes victimes du coronavirus, perso, ça ne me fait pas descendre le moral dans les chaussettes de ski. Déjà, parce que je ne suis pas précisément la reine des pistes, que je descends de préférence en chasse-neige. Ensuite, parce que tant qu’à télétravailler, autant le faire à l’air pur et laisser Pioupiou s’ébrouer dans la neige.

Ah oui, je t’ai pas dit, mais je suis partie avec le greffon N°3, alias Pioupiou, et un copain à lui. Parmi les joies de la maternité tardive, il y a le plaisir d’avoir encore un fiston pré-pubère à la maison quand tes potes ont des ados qui découchent enfin et des jeunes adultes qui ont quitté le nid. Reine des neiges ou pas, tu peux pas chanter « libérée-délivrée » et tu peux pas râler non plus, parce que tu l’as voulu.

Pioupiou c’est de toutes façons un hors-série. Des trois moutards qu’on a élevés avec z’Homme, c’est le seul qui prend des cours de japonais parce qu’il veut voir les mangas en VO. C’est aussi le seul qui est grapheur, trottirider et traçeur. Traduction : il apprend à taguer sur les murs, à faire des figures avec sa trotinette freestyle et à escalader des murs façon yamakasi. En gros, il est fan de ces pratiques urbaines que tu ne vois qu’à la télé, en te disant ouf, c’est pas ton gamin qui va faire ce genre de trucs délirants. Le tien, il prend des cours de piano et de natation. Ben pas Pioupiou.

Bref, revenons à notre idyllique petit village savoyard des Saisies, situé sur le massif du Beaufort, près de Megève, qui ne s’appelle pas pour rien le balcon du Mont-Blanc. Pour une fois qu’une station de ski française ressemble à un charmant village de chalets façon Heidi, on va pas bouder son plaisir. Une amie nous a loué un non moins charmant appartement, dans un chalet au pied des pistes, et on a choisi une semaine de grand beau temps. Gratitude etc. Certes, ça fait un peu bizarre de voir les gens porter le masque obligatoire dans les rues. Encore plus bizarre de te voir refuser un verre de vin chaud à 17h59, couvre-feu oblige.

J’envoie les greffons luger pendant que je travaille, après on mange et on se balade ensemble ; tout pourrait vraiment aller merveilleusement bien au Pays de Candy si je n’avais la brillante idée de tenter le ski de fond. Merci ma copine Cricri qui m’a dit que Les Saisies c’était le haut-lieu du ski nordique alpin et que je devais ab-so-lu-ment m’y mettre là-bas, plutôt que dans les Vosges – sans offense pour le massif vosgien. Petit détail qui a son importance pour la suite du récit : je n’ai pas l’aisance de Cricri sur des skis (et plus généralement sur tout ce qui glisse).

C’est ainsi que nous voilà, le matin du 2ème jour, tous les trois dûment équipés et en possession du pass nordique des Saisies : à nous les 120 km de pistes à travers les sapins ! Après la piste des Marmottes pour s’échauffer, on attaque la piste Aventure de 7 km. Même pas peur. Après une grimpette qui me remplit d’allégresse tout en me faisant suer comme un phoque, arrive la première pente un peu costaude. Qu’à cela ne tienne, je glisse mes skis dans les deux traces parallèles censées aider les novices comme moi, mais malgré ma modeste vitesse, je négocie mal le virage et je m’étale sur la neige bien dure. Les garçons qui se la jouent freestyle m’encouragent à quitter les rails pour les suivre. 1) Je tombe une première fois en sortant des traces (oui, j’étais à l’arrêt), 2) je tombe une deuxième fois quelques mètres plus loin parce que les skis sont fartés sa mère et que la neige est verglacée et 3) je finis par déchausser.

On n’a même pas fait 2 km, je sens que ça va être long. Et long ça sera, puisque nous bouclons le tour en 2 h après 7 chutes plus ou moins spectaculaires pour ma part, beaucoup de jurons et deux pré-ados qui se sont aussi pris quelques belles gamelles, y’a pas de raison, et qui trouvent que le ski de fond ça « soûle » (= ça monte). Sur une échelle de 1 à 10 (1 = je n’aime pas du tout, mais alors pas du tout), j’attribue la note de 2 au ski nordique, et encore parce que je suis d’humeur généreuse.

Heureusement, comme dans les albums d’Astérix, tout se finit autour d’un banquet. Ici, autour d’une raclette, prise sur la terrasse en plein soleil, avec la chaîne du Mont-Blanc en toile de fond . Et c’est vraiment là que je me réconcilie avec la montagne. Allez, bons baisers des Saisies.