Comment voyager ultra-léger au Costa-Rica

Comment voyager ultra-léger au Costa-Rica

9 août 2017 4 Par Barbara

L’atterrissage à San Jose, Costa Rica, s’est bien passé. Enfin pour nous. Parce que nos bagages sont restés sur le tapis, à Madrid. Littéralement. Comme disait ma grand-mère, on n’est pas sortis de l’auberge espagnole.

En même temps, remplir le formulaire de réclamation pour les bagages perdus, c’est une expérience culturelle à part entière. Trois employés t’accueillent au comptoir Equipaje Perdido de Air Iberia : il y a d’abord Mario et Luigi, et là c’est surréaliste, tu te croirais en pleine partie de Mario Kart. Mais tu comprends vite que c’est une feinte, en fait, car seul Pedro travaille. Enfin quand je dis travaille, faut pas s’emballer non plus. Il nous tend mollement un formulaire qui ferait rougir un Cerfa n°5816 et nous explique trèèèès lentement les cases à cocher et les lignes à remplir. En mode Flash, le paresseux de Zootopie, pour te situer le truc. Promis, plus jamais je ne critiquerai les employés de la poste.

Après avoir décliné ton pédigrée complet, y compris nom de jeune fille de ta mère et pays dans lesquels tu as séjourné ces trois dernières années, on n’est jamais trop prudent, te voilà sommé de dresser un portrait-robot de tes bagages. À se demander à quoi servent les tags qui collent aux poignées des valises. Pendant ce temps, tu te demandes ce que fait Pedro ? T’inquiète, il fait rien. Il attend stoïquement, agrafeuse en main. Faudrait pas que le moteur surchauffe non plus.

Bonne nouvelle, nous dit-il d’un ton placide, nos bagages ne sont pas « rili loste » .En passant, parler l’anglais comme une vache espagnole, c’est pas une légende urbaine. Nos valises ne seraient donc qu’un peu perdues ? Il doit lire sur mon visage que je viens d’un pays binaire dans lequel les bagages sont soit complètement perdus, soit complètement retrouvés, pas d’entre-deux. Il explique que nos valises devraient (conditionnel) arriver par le vol de demain et devraient (conditionnel, toujours) nous être livrées directement au B&B. Voilà qui est encourageant.

En attendant, chacun de nous reçoit un kit de survie : un sac Iberia avec un pyjama blanc du plus bel effet et des produits de première nécessité. Louloute ouvre son sac et déclare avec la contrariété d’une ado pur jus :
–« Pfff…même pas de mascara. »
Il est possible que je sois un peu agacée aussi après 11h d’avion et 2 heures d’attente à l’aéroport parce que je lui réponds sèchement en levant les yeux au ciel :
– « Première nécessité, on a dit »
– « Ben oui, justement, comment je vais faire moi sans mascara pendant toute une journée ? Je vais être affreuse ! Tu imagines si je rencontre quelqu’un que je connais ? »
Je pense que Louloute est en plein brainlag. Aussi, conciliante, je réponds :
– « On fera un peu de shopping demain, il nous faudra d’autres affaires… »
À ces mots, z’Homme qui avait le nez sur son iPhone, plongé dans son appli météo, intervient avec véhémence :
– « Ah ça non alors, on n’est pas venus pour faire du shopping ! De toutes façons j’ai programmé un treck avec un guide, on se lève tôt demain. Il faut profiter du beau temps »

Pour preuve, quand on arrive enfin à sortir de l’aéroport, une pluie battante nous accueille. Petit rappel : nos k-ways sont dans nos bagages restés en rade. Bienvenue au Costa-Rica !