Le yoga glandeur nature

Yoga Humour Me by Barbara Reibel

Il est temps de me montrer un minimum sérieuse. Pour me détendre, au lieu de boire une petite verveine qui sent clairement sa « femme mature », je vais me mettre au yoga. Ou je vais regarder une vidéo sur YouTube. Question zénitude, c’est pareil. En mieux.

L’idée m’est venue sur un tournage vidéo pour le-site-internet-dont-on ne-doit-pas-encore-dire-le-nom. En filmant l’enchaînement de postures (asanas) parfaitement huilé d’un certain professeur de yoga, près de deux mètres de muscles qui se replient plus facilement qu’un couteau suisse, je me suis dit tranquille. Question taille, je suis le modèle au-dessus de Mimie Mathy, alors c’est sûr, je vais y arriver en nain coup.

Et puis les postures ont des noms vachement chouettes : chien tête en bas, cobra, pigeon, héron, sauterelle, … tout un bestiaire qui ne demande qu’à être adopté par la Société de Protection des Asanas. Ricanant comme une baleine sur mon tapis de yoga Decathlon, j’étais persuadée qu’on n’allait pas me la faire à l’envers. Ben si justement, tête à l’envers tu seras, et très vite tu comprendras que difficile pour toi ce sera. Yoga on a dit, pas yoda.

La souplesse d’une enclume

Être courte sur pattes et avoir la souplesse d’une enclume sont des handicaps lourds que tu peux néanmoins transcender si tu en as la patience. Oui parce que, j’oubliais, le yoga c’est plus lent qu’un dimanche après-midi. En même temps quand tu te passes la jambe derrière les oreilles, on comprend qu’il vaut mieux prendre ton temps si tu veux pas finir coincée comme deux tic tac au fond de la boîte.

C’est moche, moi qui comptais lire un livre en faisant le poirier. Et me balader toute la journée en collant moulant sans ressembler à une paupiette de veau. Et rester zen et posey en toutes circonstances. Même quand j’apprends que Louloute a fait du scooter sans casque et sans permis.

Souffler sans expirer

Du coup, je me suis rabattue sur les exercices de respiration, ou pranayama comme ils disent. À ne pas faire le nez bouché, cela va sans dire, sauf si tu aimes te moucher dans ton T-shirt. Bon je te déconseille aussi de faire la respiration alternée dans un lieu publique, c’est aussi chelou qu’un Corse qui travaille. D’ailleurs, quand tu retiens ton souffle, n’en fais pas trop quand même, histoire de pas tourner de l’œil.

Sinon, y’a la Yoga Box. J’ai vérifié : pas une seule posture de yoga dedans, c’est hyper safe. Au pire, tu fais une allergie à l’encens. Tu peux aussi mater un professionnel du yoga sur YouTube, je te promets ça détend autant qu’un filtre à lumière bleue.

Bon je vais peut-être me mettre à la méditation. C’est toujours mieux que de rester assis à rien faire. Allez, namasté, va.

Hop hop hop, la Saison 3, et que ça saute !

Sandra gagnante Saison 3 Humour Me

Bon, c’est le printemps paraît-il. J’ai quand même regardé si on n’était pas le 1er avril parce qu’À l’Est rien de renouveau, il avait neigé dans la nuit. Mais c’était bien écrit noir sur blanc sur l’Almanach du Facteur : Saint-Herbert, PRINTEMPS.

J’étais bien obligée de faire confiance au calendrier parce qu’en vrai, quand je suis sortie , entre le givre et le froid mordant, j’ai eu du mal à visualiser les tulipes et les hirondelles. En mode Loi d’Attraction qui s’est fait un big  time lapse, ce début de saison à nul autre pareil m’a rappelé une autre saison aux deux autres pareilles que j’avais oubliée de remettre à l’une des gagnantes… aheum… de l’année dernière. Je sais, n’en rajoute pas. Si je te disais que mon agenda déborde comme un panier de linge sale, tu me dirais  » pfff… et alors ? » Et pour une fois que tu n’es pas de mauvaise foi, tu aurais raison.

J’ai eu un grand moment de solitude en constatant cet oubli, une sidération proche de ce que je ressens quand l’écran me rappelle que « Le mot de passe que vous avez choisi est trop faible ». Ce coup de mou a dû se lire sur mon visage car z’Homme m’a demandé,
– Ça va ?
– Très bien.
– T’es sûre ? T’as pas l’air dans ton assiette.
– Non mais en vrai ça va .
– Ok, mais t’es sûre ? Parce que vraiment t’as pas l’air comme d’hab.
– Non, non, ça va bien, j’t’assure.
– Ok, parce que …
Moralité : en cas de déprime, tu dois en priorité rassurer les autres qui flippent. Du coup, je me suis fait la Méthode Coué pendant 10 minutes : « tout va bien, tout va bien, tout va bien ». Et ça a marché. Pendant dix minutes.

Qui paye ses dettes s’enrichit

Mais encore fallait-il rattraper le coup. Oublieuse, certes, mais pas tricheuse : un dû est un dû et qui paye ses dettes s’enrichit car, c’est bien connu, qui vole un œuf vole un bœuf, etc. J’ai donc pris mon bouquin sous le bras, mon iPhone dans la poche et mon courage à deux mains, et je suis allée porter la bonne nouvelle à Sandra, l’heureuse gagnante de la Saison 3 des 52 Nuances de Vie. Un peu hésitante au départ, elle s’est en effet souvenue du concours, comme d’une vieille tante qui serait décédée il y a quelques années déjà.  » Ah mais oui, bien sûr, le bouquin « . Elle s’est même frappée le front pour faire plus vrai. Après quoi, la glace était brisée (la preuve en photo).

En rentrant, je me suis attaquée à l’écriture de ce billet. En mâchonnant un Carambar qui colle aux dents. Episke j’y suis, je t’offre la blague Carambar du jour :  » Quelle est la femelle du hamster ? « *. T’es encore là ?

*Réponse : l’Amsterdam (bon j’avais prévenu)

Comment un simple bas de jogging peut ruiner tes relations avec ta fille

Humour Me comment un simple jogging peut ruiner tes relations avec ta fille

Comme tu as pu le constater, je ne suis pas une top influenceuse en matière de mode. Avec un budget fringues plus proche de Tati que de Vogue et une nette préférence pour mon bas de jogging, régulièrement élu vêtement de l’année pour son confort inégalé, je pars avec un gros handicap face aux Reines du Shopping.

Même, j’envie secrètement la garde-robe de z’Homme. Pas de robes, jupes, jupe culottes, jeans tailles basses, tailles hautes, slims, trois-quarts, leggins dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Non, pour z’Homme le choix est binaire : chemise + jean OU chemise + pantalon noir. Cette combo gagnante se décline parfois avec un pantalon gris ou marron quand il se sent d’humeur audacieuse. Comme disait Zuckerberg, abonné au sweat à capuche et tee-shirt gris, c’est pour pas fatiguer le cerveau inutilement. Comme ça t’as de la place pour les questions plus importantes du genre « qu’est-ce qu’on va manger ce soir ? ». J’ai jamais été une fashionista acharnée, mais depuis Marie Kondo et le minimalisme, j’ai considérablement simplifié ma garde-robe. À tel point que désormais, z’Homme ne m’offre plus de cadeaux mode mais des iAccessoires. Aussi chers qu’un carré Hermès mais nettement plus utiles.

Team Córdula

N’empêche, même si je joue pas pour la Team Córdula, ça m’a quand même fait un coup quand Louloute m’a dit qu’elle allait s’acheter des fringues sans moi : « non pas avec toi maman, sérieux, déjà que t’es … enfin plus trop… plus vraiment… pas jeune quoi … et en plus… pas très tu vois….branchée … mode … en même temps… je préfère y aller … avec une copine. » Notre conversations est hachée, comme si on passait sous une série de tunnels, parce qu’elle fait des snaps ou qu’elle répond en message vocal en même temps. Alors j’étais pas sûre qu’elle s’adressait bien à moi. Ou peut-être que je voulais pas y croire. Attends, hier encore je lui achetais des robes à pois avec des collants multicolores, ça va juste trop vite tout ça !

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Un cachalot dans une piscine

Bon, en même temps, il faut voir le verre à moitié plein : plus besoin de m’exposer aux odeurs d’aisselles dans les cabines d’essayage, plus besoin de lui donner mon avis qui lui sert à décider le contraire et plus besoin de porter des sacs qui me défoncent les bras. « Tu me donnes ta carte, maman ? ». Je lui tends un billet : « Même pas en rêve, tu te débrouilles avec ça… ». Z’Homme, avec la subtilité d’un cachalot dans une piscine, intervient : « Si tu veux, moi et ma carte de crédit on vient avec toi ma Louloute ». Et là, miracle, elle lève les yeux de son portable, son visage s’illumine comme si elle venait de rencontrer Jésus en personne, et elle répond … « ouais, c’est top ! » J’HALLUCINE ! Z’Homme se tourne vers moi, surpris par mon regard hostile : « C’est pas une bonne idée ? J’ai pas bien fait ? ». Je lui réponds : « Nan-nan, c’est cool, vas-y».

[Spoiler : quand une femme te dit ça, en réalité elle veut dire « mais bien sûr que c’est grave et tu vas me le payer ».]

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations

Seule au monde – oh yeah !

seule au monde humour me by barbara

Tu sais ce qu’il y a de mieux qu’un z’Homme et des greffons qui tournent en orbite autour de moi ? La même constellation dans un autre univers – une autre gala-ski – quelque part ou ailleurs, pourvu que ça soit SANS MOI. Et que je sois un peu seule. Sérieusement, on n’a rien inventé de mieux depuis le pain en tranches.

Mais d’abord, commençons par l’épineux sujet des vacances scolaires. À l’Éducation Nationale, ils donnent plein de vacances à nos gosses. Ils sont comme ça, généreux jusqu’au bout. Tiens-toi bien : la France est le pays au monde à distribuer le plus de congés scolaires. Juste après la Grèce et la Bolivie. Vu comment ça s’est terminé pour eux, ça rassure pas. Mais surtout, qu’est-ce qu’on fait de nos gosses toute la journée, nous les gens de la « société civile », qu’on est pas des profs et qu’on n’a pas quatre mois de congés à poser dans l’année, hein, j’te l’demande ? Je parle quand même de millions de parents, là ! Et, comme dirait l’autre, tout le monde s’en fout. Je vais te dire, t’as en gros trois options : 1) Tu colles les greffons toute la journée devant la télé et tu leur interdis d’en parler, même plus tard à leur psy, 2) Tu les envoies au centre de loisirs. Ils reviendront peut-être avec des poux et des blessures, mais ils seront tellement claqués qu’ils en oublieront de râler pour aller au lit, 3) Tu les envoies chez mamie et ils deviendront incollables à Qui Veut Gagner des Millions.

Dans tous les cas, tu peux dire adieu à ta courbe de performance. Ils vont te ralentir ton rythme, te pourrir ton café du matin que tu prenais toute seule quand tout le monde s’était barré, te demander beaucoup plus souvent à manger parce qu’ils auront rien d’autre à faire, inviter des copains à la maison ce qui t’obligera à ranger la maison avant et après, aller chez des copains qui habitent en dehors des lignes de bus pour que tu fasses le taxi, et j’ai déjà dit qu’ils mangeront beaucoup plus souvent ? Je continue ?

Vacances de ski en famille

Je continue. Pour remédier à ce problème, certains parents pensent que c’est une bonne idée de partir en vacances de ski avec leurs enfants. Mouahahahahahaha. Je te donne un indice : les mots « vacances » et « enfants » sont dans la même phrase. Bien sûr, tu peux inscrire tes gosses aux cours de ski, de snowboard, de chien de traîneau et j’en passe. Au moins, tu pourras t’enfiler quelques verres de vin chaud en douce et filer au sauna pour finir enfin le magazine que t’a commencé l’année dernière. Et tant pis si ça te coûte ton PEL, on peut pas tout avoir dans la vie non plus.

Mais sérieusement, les vacances de ski en famille j’ai donné. Je peux te dire, par exemple, que pour éviter de creuser ton découvert tu seras tentée de débarquer avec ton stock de bouffe. Sinon, vu les prix de la supérette en station, tu vas passer au Régime Pâtes, dit « Demis Roussos ». Du coup, tu vas être obligée de faire du ski toute la journée pour éviter l’hyperglycémie. Dans tous les cas, tu vas te mettre à la popote. Ce qui va te faire un plaisir de ouf après une journée passée en plein air sur les pistes – ou pas. Surtout que les greffons ne vont pas très bien prendre le coup de la vaisselle après ledit repas et que tu peux t’attendre à un concert de râleries. Prévois aussi un budget pour racheter les gants, écharpes et autres sticks à lèvres qui seront oubliés aux toilettes ou perdus sur les pistes. Si tu tombes sur des enfants pénibles et des parents pas mieux, c’est que t’es en plein sur les vacances scolaires des Parisiens. Pas de chance. Pour y échapper, reste les Alpes suisses, mais là tu claques le PIB du Rwanda à la semaine. À toi de voir. Après, honnêtement, s’il y a de la neige et qu’il fait pas moins cinquante, ça peut laisser de bons souvenirs. La trace du masque sur le visage par exemple.

Débordement professionnel

Comprenant que, malgré ses supplications, je ne partirais pas « en vacances » cette année au motif officiel de débordement professionnel, z’Homme a décidé d’aller au ski avec Pioupiou. J’ai vite fait les maths : Louloute partait skier avec une copine et Le Grand était en internat. Je récupérais donc la maison pour moi toute seule. Pour éviter que cette idée de génie ne retombe comme un soufflé, je l’ai tout de suite encouragé – je me suis retenue de faire la danse du ventre mais l’esprit y était. J’ai marqué le calendrier d’une énorme croix rouge et j’ai allumé un cierge pour qu’ils se cassent rien avant de partir.

Sérieusement, dormir en diagonale dans le lit, laisser brûler les lumières dans toute la maison, laisser traîner aussi les miettes et les chaussures tant qu’à faire, ne jamais reboucher le tube de dentifrice et me lever le matin seulement si je veux : c’est pas un beau programme ça ? Ça va être dur de bosser, du coup.

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations

Rendez-vous avec la Digital Mom tous les mardis matin sur Radio MNE

Radio MNE Humour Me Barbara Reibel

En poussant la porte du studio de radio MNE, j’ai eu un gros moment de doute existentiel. Un peu comme quand tu acceptes ta mère sur Facebook. L’impression d’avoir fait une grosse boulette.

Certes, j’aime papoter. Causer dans un micro face à une journaliste qui me pose des questions, je gère. Mais lire un texte pour des auditeurs invisibles, un casque sur les oreilles, en mode call center de ouf, c’est un métier, je te dis que ça.

Nouvelle voix du Frühstück

Le Frühstück, c’est un mot que t’as forcément vu en cours d’allemand. Ça veut dire petit-déj’ et c’est une métaphore pour dire « matinale », qui est un euphémisme pour dire « va falloir te lever à l’aube ». Et c’est pile-poil le créneau qui m’a été attribué. Tous les mardis. Et je peux te dire que des mardis, y’en a un paquet chaque mois. Mais on m’a nommé « Nouvelle Voix du Frühstück », alors je la boucle et je bois un expresso. Ou quatre.

Causer sans bredouiller

D’accord je suis pas Manu (ou Jacques Chancel pour nos amis séniors) ; n’empêche, causer en souriant et en imitant les voix des protagonistes, ça m’a replongé direct au temps où je lisais des histoires aux enfants. Et où je faisais le dinosaure avec des GrWWw (C’est peut-être pour ça qu’ils arrivaient pas à s’endormir d’ailleurs).

En tout cas, passé le premier moment de panique, j’ai réussi à lire quasi sans bredouiller le premier billet de la première Saison. Andrea, la mixeuse-monteuse-découpeuse-technicienne, m’a rassurée : on coupera les bavures au montage. Matinale, l’émission, mais pas en direct, au moins.

Allez, plus que 51 chroniques et 2 Saisons !

Pour en savoir plus

À partir de dorénavant, tu peux m’écouter tous les mardis matins à 7h35 sur FM 107.5 ou sur la web radio ici ; tu peux aussi t’abonner au podcast ici.

Et même y’a une appli, figure-toi.

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Radio MNE est une radio associative, libre, gratuite et sans publicité, créée en 2000 et menée par une tribu d’intrépides bénévoles.

Pestacle foiré, cuite assurée ou comment sauver la deuxième partie de soirée

pestacle foiré cuite assurée Humour Me

Ça t’es déjà arrivé de tomber sur un spectacle en mode gros navet du siècle ? Ayé, moi c’est fait. Heureusement, la deuxième mi-temps a tout sauvé. Ça m’a évité de torpiller complètement le seul soir de la semaine où je peux faire la grasse mat’ le lendemain.

Un spectacle-soirée cabaret sur le thème « we are all brothers and sisters, man », ça sentait bon l’élan humaniste. Avec ma copine Juju on s’est dit que notre karma allait adorer. Mais c’est bien connu « Karma is a bitch » et elle n’allait pas tarder à nous le montrer.

[Pour nourrir ton imagination que je sais fertile, pense très fort à un hamster qui se retourne sur fond de musique dramatique ; sinon, tape « hamster qui se retourne » sur Google, c’est le premier résultat qui sort.]

Boire le vin tant qu’il est chaud

Donc on déboule, Juju et moi, dans une salle archi-comble et, frétillantes comme des gardons, on fait un petit tour au bar pour se chauffer le gosier. Je ne sais plus qui a dit qu’il faut boire le vin tant qu’il est chaud, mais honnêtement, c’est le meilleur dicton du monde quand tu t’es trompée de soirée et que t’aurais bien aimé te faire boire ailleurs.

Parce que trompées, on s’est. [Et non pas « on sait », parce que justement, on savait pas. Sinon on s’rait pas venues figure-toi. Bon, j’ai peut-être encore un peu d’alcool dans le sang, m’en veux pas steup.]

Le présentateur à la septentaine bien frappée, n’avait rien préparé, même pas son apparence. Passons sur la dégaine, on ne juge pas une bouteille de vin à son étiquette. [Enfin si, quand même]. Mais là, le contenu était du même tonneau que le contenant : éventé. De bafouillements en propos décousus, de « private jokes » en transitions ratées, ça sentait le vin qu’a mal vieilli.

Pire qu’un cours de trigonométrie en suédois

Cela dit, il a pas fallu plus de dix minutes pour s’apercevoir qu’avec les artistes non plus, ça allait pas le faire. Parce que sur scène, c’était pire qu’un cours de trigonométrie en suédois. Incompréhensible. Avec Juju on s’est dit, ça va démarrer, hein ? Les artistes veulent nous faire passer un message et juste on a pas encore compris c’est quoi. C’est la mise en train, c’est normal. Mais en fait, non. À part quelques grains nobles égarés, cette soirée s’est déroulée entre gens qui auraient aimé être des artistes pour pouvoir faire leur numéro. Devant un public qui hésitait entre stupeur et ennui mortel. Et deux hyènes qui ricanaient au premier rang.

À la fin de la première mi-temps, Juju et moi on a jeté l’éponge et on est allées éponger notre trop-plein d’alcool un peu plus loin, dans un chouette bar ouvert jusque tard dans la nuit. Tout bu or not tout bu, telle était la question, et comme l’alcool était la réponse, ça pas arrangé notre cas. Mais au moins on a sauvé la deuxième partie de soirée.

 

Crédit photo : merci à Pénélope Bagieu du site penelope-jolicoeur.com

Tirer les rois pour changer, ou comment une simple galette peut faire débat

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Je suis en plein dans le trip des traditions, alors après la Saint-Nicolas, le Père-Noël et les résolutions du Nouvel An, gros sujet : les Rois Mages. Ou comment animer toute une soirée avec une simple galette des rois.

La marraine de Pioupiou est une noble âme qui a pris sur elle d’inviter trois familles pour la Galette des Rois ; je mets des majuscules parce que quand tu sors des festivités de Noël, remettre le couvert, si je puis dire, et les petits plats dans les grands, c’est admirable. Et puis tant qu’à offrir à Pioupiou comme cadeau de Noël le plus grand lego de tous les temps, le Faucon Millénium et ses 7500 pièces à assembler, autant avoir du monde autour pour finir les bouteilles et salir les tapis.

Dorée au curcuma

Pour apporter ma très modeste contribution à cette petite sauterie qui consistait à tirer les rois, j’ai ramené une galette aux pommes maison. Qui a défrayé la chronique, va savoir pourquoi. Peut-être parce que les invités, intrigués, n’ont pas bien compris d’où venait cette jolie couleur jaune mat – un peu vif, le jaune. Ben c’est du curcuma, quoi, délayé dans du lait végétal, j’ai dit en les trouvant secrètement un peu longs à la comprenette. Après quoi il a fallu que j’explique pourquoi j’utilisais pas de jaune d’œuf comme tout le monde. Comme je venais de m’enfiler une mini-saucisse au canard, l’argument végétarien faisait pas trop crédible alors j’ai dit que c’était pour pas gaspiller le blanc, parce que c’est pas faux non plus : quand tu prends un jaune pour la dorure, tu jettes le blanc, ce qui te brouille définitivement avec les œufs Après quoi ils m’ont lancé des regards discrets de commisération, m’ont demandé si je connaissais pas la recette des financiers – mais si, c’est ultra fastoche, une poignée d’amandes, un peu de sucre, le blanc justement que t’allais jeter et c’est parti ! Parti pour faire un four sans doute, connaissant mes talents cachés, mais alors vraiment très bien planqués, de cuisinière.

Bonne pomme

Sinon, ils ont trouvé que c’était bon, les pommes, ça change de la frangipane. Et pourquoi des pommes ? Ben parce qu’un jour, sur un coup de tête, j’ai passé 20 kg de pommes en confiture, que j’leur ai dit. Après quoi il a fallu que j’explique que je suis adhérente à une AMAP fruits qui propose des pommes 9 mois sur 12, climat alsacien oblige. Autant dire que tu deviens de facto la reine des tartes. Donc après les tartes aux pommes, les gâteaux aux pommes, les pommes au four, les compotes de pommes, les jus de pommes, les pommes séchées et les pommes à croquer, j’ai tenté la confiture de pommes. L’idée paraissait bonne mais pour faire bref, gros pépin : personne n’a aimé. Pas même z’Homme qui avale sans moufter toutes mes créations culinaires, heu… originales.

Gaspard & Balthazar (et aussi Melchior)

C’est pour cela que tous les ans, ai-je conclu, je liquide un peu plus mon stock de confiture de pommes dont j’enfile de généreuses quantités entre deux ronds de pâtes feuilletées. Après quoi, chacun a mâchouillé sa part de galette en silence, en me lançant des coups d’œil furtifs et inquiets. Z’Homme a brisé l’omerta en déclarant bruyamment qu’il avait la fève. Une fève Barbapapa, toute jaune, elle aussi, et bien dodue, sur laquelle il a failli se casser une dent. Pourquoi une fève Barbapapa ? Moi j’ai trouvé que ça commençait à bien faire toutes ces questions alors j’ai demandé si on pouvait pas bouffer la galette en paix plutôt que d’en causer jusqu’à plus soif. Et à propos de soif, si on voulait bien me remplir le verre. Parce que si on veut commencer à ouvrir de vrais débats, ayons une pensée émue pour les Rois Mages. Déjà qu’ils ont des prénoms à figurer au Palmashow les pauvres, mais en plus ils se sont tapés pas loin de 2000 km à dos de chameau pour finir dans une chanson de Sheila. Et ça c’est pas cool.

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations

Résolument irrésolue en ce début d’année 2018

bonnes resolutions humour me by barbara

Chaque début d’année, j’adopte de bonnes résolutions. Qui consistent essentiellement à recycler celles des années précédentes. Chasse aux gaspis oblige : pourquoi en adopter de nouvelles quand t’as pas écoulé le stock des cinq dernières années ?

Moi je trouve que c’est une tradition qui n’est pas plus hypocrite que le Père-Noël ou les soldes de janvier. C’est d’ailleurs la seule et unique fois dans l’année où t’as le droit d’être complètement mytho sans que personne te dise rien. Surtout pas tes gosses et ton z’Homme. Si je déclare que je vais devenir végé, arrêter le sucre dans le café, et le café tout court, et même courir 5 fois par semaine pour rattraper mes 75 heures passées devant l’écran, personne n’a le droit de dire que j’abuse. Même pas pour rire. C’est mauvais pour le karma. Et c’est pire pour tous les avantages acquis.

Mettre un filtre avant de causer

Les gosses ont vite compris que s’ils voulaient continuer à toucher leur argent de poche, ils avaient intérêt à mettre un filtre avant de causer.
Ça donne des dialogues d’une rare authenticité :
-« Alors tu vas faire comment pour cuisiner végé et carné en même temps ? me demande Le Grand , Moi j’te demande ça, c’est pas pour moi, hein, moi je suis pas là en semaine… »
(C’est moi ou il dit ça comme s’il l’avait échappé belle ???)
-«  Mais … c’est simple : je vais cuisiner végé pour toute la famille »
– « Ah ben oui, bien sûr, il suffisait d’y penser » dit-il d’un ton prudemment neutre
(Futur politicien, celui-là).

Louloute, qui craint le devoir de solidarité, a du mal à cacher son inquiétude :
-« Mais tu vas arrêter le café comme ça, d’un coup ? »
-« Oui. De toutes façons vu le prix des capsules de café bio, je travaille toute la journée pour pouvoir acheter de quoi me réveiller le matin. »
-«  Et donc pareil pour les gâteaux, tu vas t’arrêter comme ça d’un coup ? »
-« C’est l’idée. Déjà, je ne tremperai plus de petits gâteaux dans mon café, puisque je ne boirai plus de café et hop, d’une pierre deux coups. »
-«  Mais pour le chocolat ? » insiste-t-elle, on sent que c’est un chapitre sensible chez une ado dopée au sucre.
-« Rassure-toi, j’en achèterai encore pour vous et je vous regarderai manger, tant pis. » dis-je d’un ton magnanime.
(De toutes façons, comme disait ma grand-mère, les promesses n’engagent que ceux qui y croient).

Promettre, ça n’engage à rien … ou presque

Pour s’empêcher tout commentaire qui pourrait la priver de sortie, Louloute se tourne vers son petit frère :
-«  Il faudra pas narguer maman, hein ? »
-«  T’inquiète, lui répond Pioupiou avec assurance, on mettra tout dans la cachette, comme on fait déjà. »
-« Ah bon, quelle cachette ? », je demande, tu sais, juste au cas où.
– « Ben non maman, je peux pas te le dire –sinon tu vas être tentée. »
(J’t’en foutrais moi des gamins qui sont plus sérieux que les adultes).

Z’Homme fait irruption dans le débat juste au moment où j’allais soudoyer Pioupiou pour connaître l’emplacement de la fameuse cachette, tu sais, juste au cas où :
-«  Au fait ma chérie, si je t’ai bien entendue, avec l’écoute active et tout et tout, tu as décidé de courir cinq fois par semaine cette année ? »
-« Heu, oui, pourquoi ? »
-« Ben parce que je trouve ton idée absolument géniale et figure-toi que moi j’ai pris la bonne résolution d’être ton coach sportif cette année. Avoue que ça tombe plutôt bien, on aurait voulu le faire exprès qu’on n’aurait pas réussi ! »
(Il a l’air content de lui – je lui éclate sa petite bulle de bonheur tout de suite ou maintenant ?)
-« C’est gentil mais… »
-«  … pas de quoi. Et donc le premier entraînement c’est tout de suite. »
-«  Hein ??? »
– « Ben oui, il reste pile 5 jours avant la fin de la semaine, donc il faut y aller. Là, tout de suite. »
-«  Gné ??? »
-« Pense à tout ce chocolat que tu vas pouvoir manger après, hein ma chérie ?! »
(Bon alors pour l’écoute active, il repassera).
Et les gosses de s’exclamer en chœur :
-« Ah non ! Elle a dit pas de chocolat ! », les traitres.

Moralité : à l’avenir, tes bonnes résolutions point ne partageras.

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