Rendez-vous avec la Digital Mom tous les mardis matin sur Radio MNE

Radio MNE Humour Me Barbara Reibel

En poussant la porte du studio de radio MNE, j’ai eu un gros moment de doute existentiel. Un peu comme quand tu acceptes ta mère sur Facebook. L’impression d’avoir fait une grosse boulette.

Certes, j’aime papoter. Causer dans un micro face à une journaliste qui me pose des questions, je gère. Mais lire un texte pour des auditeurs invisibles, un casque sur les oreilles, en mode call center de ouf, c’est un métier, je te dis que ça.

Nouvelle voix du Frühstück

Le Frühstück, c’est un mot que t’as forcément vu en cours d’allemand. Ça veut dire petit-déj’ et c’est une métaphore pour dire « matinale », qui est un euphémisme pour dire « va falloir te lever à l’aube ». Et c’est pile-poil le créneau qui m’a été attribué. Tous les mardis. Et je peux te dire que des mardis, y’en a un paquet chaque mois. Mais on m’a nommé « Nouvelle Voix du Frühstück », alors je la boucle et je bois un expresso. Ou quatre.

Causer sans bredouiller

D’accord je suis pas Manu (ou Jacques Chancel pour nos amis séniors) ; n’empêche, causer en souriant et en imitant les voix des protagonistes, ça m’a replongé direct au temps où je lisais des histoires aux enfants. Et où je faisais le dinosaure avec des GrWWw (C’est peut-être pour ça qu’ils arrivaient pas à s’endormir d’ailleurs).

En tout cas, passé le premier moment de panique, j’ai réussi à lire quasi sans bredouiller le premier billet de la première Saison. Andrea, la mixeuse-monteuse-découpeuse-technicienne, m’a rassurée : on coupera les bavures au montage. Matinale, l’émission, mais pas en direct, au moins.

Allez, plus que 51 chroniques et 2 Saisons !

Pour en savoir plus

À partir de dorénavant, tu peux m’écouter tous les mardis matins à 7h35 sur FM 107.5 ou sur la web radio ici ; tu peux aussi t’abonner au podcast ici.

Et même y’a une appli, figure-toi.

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Radio MNE est une radio associative, libre, gratuite et sans publicité, créée en 2000 et menée par une tribu d’intrépides bénévoles.

Pestacle foiré, cuite assurée ou comment sauver la deuxième partie de soirée

pestacle foiré cuite assurée Humour Me

Ça t’es déjà arrivé de tomber sur un spectacle en mode gros navet du siècle ? Ayé, moi c’est fait. Heureusement, la deuxième mi-temps a tout sauvé. Ça m’a évité de torpiller complètement le seul soir de la semaine où je peux faire la grasse mat’ le lendemain.

Un spectacle-soirée cabaret sur le thème « we are all brothers and sisters, man », ça sentait bon l’élan humaniste. Avec ma copine Juju on s’est dit que notre karma allait adorer. Mais c’est bien connu « Karma is a bitch » et elle n’allait pas tarder à nous le montrer.

[Pour nourrir ton imagination que je sais fertile, pense très fort à un hamster qui se retourne sur fond de musique dramatique ; sinon, tape « hamster qui se retourne » sur Google, c’est le premier résultat qui sort.]

Boire le vin tant qu’il est chaud

Donc on déboule, Juju et moi, dans une salle archi-comble et, frétillantes comme des gardons, on fait un petit tour au bar pour se chauffer le gosier. Je ne sais plus qui a dit qu’il faut boire le vin tant qu’il est chaud, mais honnêtement, c’est le meilleur dicton du monde quand tu t’es trompée de soirée et que t’aurais bien aimé te faire boire ailleurs.

Parce que trompées, on s’est. [Et non pas « on sait », parce que justement, on savait pas. Sinon on s’rait pas venues figure-toi. Bon, j’ai peut-être encore un peu d’alcool dans le sang, m’en veux pas steup.]

Le présentateur à la septentaine bien frappée, n’avait rien préparé, même pas son apparence. Passons sur la dégaine, on ne juge pas une bouteille de vin à son étiquette. [Enfin si, quand même]. Mais là, le contenu était du même tonneau que le contenant : éventé. De bafouillements en propos décousus, de « private jokes » en transitions ratées, ça sentait le vin qu’a mal vieilli.

Pire qu’un cours de trigonométrie en suédois

Cela dit, il a pas fallu plus de dix minutes pour s’apercevoir qu’avec les artistes non plus, ça allait pas le faire. Parce que sur scène, c’était pire qu’un cours de trigonométrie en suédois. Incompréhensible. Avec Juju on s’est dit, ça va démarrer, hein ? Les artistes veulent nous faire passer un message et juste on a pas encore compris c’est quoi. C’est la mise en train, c’est normal. Mais en fait, non. À part quelques grains nobles égarés, cette soirée s’est déroulée entre gens qui auraient aimé être des artistes pour pouvoir faire leur numéro. Devant un public qui hésitait entre stupeur et ennui mortel. Et deux hyènes qui ricanaient au premier rang.

À la fin de la première mi-temps, Juju et moi on a jeté l’éponge et on est allées éponger notre trop-plein d’alcool un peu plus loin, dans un chouette bar ouvert jusque tard dans la nuit. Tout bu or not tout bu, telle était la question, et comme l’alcool était la réponse, ça pas arrangé notre cas. Mais au moins on a sauvé la deuxième partie de soirée.

 

Crédit photo : merci à Pénélope Bagieu du site penelope-jolicoeur.com

Tirer les rois pour changer, ou comment une simple galette peut faire débat

galette_des_rois_humour_me_mathou

Je suis en plein dans le trip des traditions, alors après la Saint-Nicolas, le Père-Noël et les résolutions du Nouvel An, gros sujet : les Rois Mages. Ou comment animer toute une soirée avec une simple galette des rois.

La marraine de Pioupiou est une noble âme qui a pris sur elle d’inviter trois familles pour la Galette des Rois ; je mets des majuscules parce que quand tu sors des festivités de Noël, remettre le couvert, si je puis dire, et les petits plats dans les grands, c’est admirable. Et puis tant qu’à offrir à Pioupiou comme cadeau de Noël le plus grand lego de tous les temps, le Faucon Millénium et ses 7500 pièces à assembler, autant avoir du monde autour pour finir les bouteilles et salir les tapis.

Dorée au curcuma

Pour apporter ma très modeste contribution à cette petite sauterie qui consistait à tirer les rois, j’ai ramené une galette aux pommes maison. Qui a défrayé la chronique, va savoir pourquoi. Peut-être parce que les invités, intrigués, n’ont pas bien compris d’où venait cette jolie couleur jaune mat – un peu vif, le jaune. Ben c’est du curcuma, quoi, délayé dans du lait végétal, j’ai dit en les trouvant secrètement un peu longs à la comprenette. Après quoi il a fallu que j’explique pourquoi j’utilisais pas de jaune d’œuf comme tout le monde. Comme je venais de m’enfiler une mini-saucisse au canard, l’argument végétarien faisait pas trop crédible alors j’ai dit que c’était pour pas gaspiller le blanc, parce que c’est pas faux non plus : quand tu prends un jaune pour la dorure, tu jettes le blanc, ce qui te brouille définitivement avec les œufs Après quoi ils m’ont lancé des regards discrets de commisération, m’ont demandé si je connaissais pas la recette des financiers – mais si, c’est ultra fastoche, une poignée d’amandes, un peu de sucre, le blanc justement que t’allais jeter et c’est parti ! Parti pour faire un four sans doute, connaissant mes talents cachés, mais alors vraiment très bien planqués, de cuisinière.

Bonne pomme

Sinon, ils ont trouvé que c’était bon, les pommes, ça change de la frangipane. Et pourquoi des pommes ? Ben parce qu’un jour, sur un coup de tête, j’ai passé 20 kg de pommes en confiture, que j’leur ai dit. Après quoi il a fallu que j’explique que je suis adhérente à une AMAP fruits qui propose des pommes 9 mois sur 12, climat alsacien oblige. Autant dire que tu deviens de facto la reine des tartes. Donc après les tartes aux pommes, les gâteaux aux pommes, les pommes au four, les compotes de pommes, les jus de pommes, les pommes séchées et les pommes à croquer, j’ai tenté la confiture de pommes. L’idée paraissait bonne mais pour faire bref, gros pépin : personne n’a aimé. Pas même z’Homme qui avale sans moufter toutes mes créations culinaires, heu… originales.

Gaspard & Balthazar (et aussi Melchior)

C’est pour cela que tous les ans, ai-je conclu, je liquide un peu plus mon stock de confiture de pommes dont j’enfile de généreuses quantités entre deux ronds de pâtes feuilletées. Après quoi, chacun a mâchouillé sa part de galette en silence, en me lançant des coups d’œil furtifs et inquiets. Z’Homme a brisé l’omerta en déclarant bruyamment qu’il avait la fève. Une fève Barbapapa, toute jaune, elle aussi, et bien dodue, sur laquelle il a failli se casser une dent. Pourquoi une fève Barbapapa ? Moi j’ai trouvé que ça commençait à bien faire toutes ces questions alors j’ai demandé si on pouvait pas bouffer la galette en paix plutôt que d’en causer jusqu’à plus soif. Et à propos de soif, si on voulait bien me remplir le verre. Parce que si on veut commencer à ouvrir de vrais débats, ayons une pensée émue pour les Rois Mages. Déjà qu’ils ont des prénoms à figurer au Palmashow les pauvres, mais en plus ils se sont tapés pas loin de 2000 km à dos de chameau pour finir dans une chanson de Sheila. Et ça c’est pas cool.

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations

Résolument irrésolue en ce début d’année 2018

bonnes resolutions humour me by barbara

Chaque début d’année, j’adopte de bonnes résolutions. Qui consistent essentiellement à recycler celles des années précédentes. Chasse aux gaspis oblige : pourquoi en adopter de nouvelles quand t’as pas écoulé le stock des cinq dernières années ?

Moi je trouve que c’est une tradition qui n’est pas plus hypocrite que le Père-Noël ou les soldes de janvier. C’est d’ailleurs la seule et unique fois dans l’année où t’as le droit d’être complètement mytho sans que personne te dise rien. Surtout pas tes gosses et ton z’Homme. Si je déclare que je vais devenir végé, arrêter le sucre dans le café, et le café tout court, et même courir 5 fois par semaine pour rattraper mes 75 heures passées devant l’écran, personne n’a le droit de dire que j’abuse. Même pas pour rire. C’est mauvais pour le karma. Et c’est pire pour tous les avantages acquis.

Mettre un filtre avant de causer

Les gosses ont vite compris que s’ils voulaient continuer à toucher leur argent de poche, ils avaient intérêt à mettre un filtre avant de causer.
Ça donne des dialogues d’une rare authenticité :
-« Alors tu vas faire comment pour cuisiner végé et carné en même temps ? me demande Le Grand , Moi j’te demande ça, c’est pas pour moi, hein, moi je suis pas là en semaine… »
(C’est moi ou il dit ça comme s’il l’avait échappé belle ???)
-«  Mais … c’est simple : je vais cuisiner végé pour toute la famille »
– « Ah ben oui, bien sûr, il suffisait d’y penser » dit-il d’un ton prudemment neutre
(Futur politicien, celui-là).

Louloute, qui craint le devoir de solidarité, a du mal à cacher son inquiétude :
-« Mais tu vas arrêter le café comme ça, d’un coup ? »
-« Oui. De toutes façons vu le prix des capsules de café bio, je travaille toute la journée pour pouvoir acheter de quoi me réveiller le matin. »
-«  Et donc pareil pour les gâteaux, tu vas t’arrêter comme ça d’un coup ? »
-« C’est l’idée. Déjà, je ne tremperai plus de petits gâteaux dans mon café, puisque je ne boirai plus de café et hop, d’une pierre deux coups. »
-«  Mais pour le chocolat ? » insiste-t-elle, on sent que c’est un chapitre sensible chez une ado dopée au sucre.
-« Rassure-toi, j’en achèterai encore pour vous et je vous regarderai manger, tant pis. » dis-je d’un ton magnanime.
(De toutes façons, comme disait ma grand-mère, les promesses n’engagent que ceux qui y croient).

Promettre, ça n’engage à rien … ou presque

Pour s’empêcher tout commentaire qui pourrait la priver de sortie, Louloute se tourne vers son petit frère :
-«  Il faudra pas narguer maman, hein ? »
-«  T’inquiète, lui répond Pioupiou avec assurance, on mettra tout dans la cachette, comme on fait déjà. »
-« Ah bon, quelle cachette ? », je demande, tu sais, juste au cas où.
– « Ben non maman, je peux pas te le dire –sinon tu vas être tentée. »
(J’t’en foutrais moi des gamins qui sont plus sérieux que les adultes).

Z’Homme fait irruption dans le débat juste au moment où j’allais soudoyer Pioupiou pour connaître l’emplacement de la fameuse cachette, tu sais, juste au cas où :
-«  Au fait ma chérie, si je t’ai bien entendue, avec l’écoute active et tout et tout, tu as décidé de courir cinq fois par semaine cette année ? »
-« Heu, oui, pourquoi ? »
-« Ben parce que je trouve ton idée absolument géniale et figure-toi que moi j’ai pris la bonne résolution d’être ton coach sportif cette année. Avoue que ça tombe plutôt bien, on aurait voulu le faire exprès qu’on n’aurait pas réussi ! »
(Il a l’air content de lui – je lui éclate sa petite bulle de bonheur tout de suite ou maintenant ?)
-« C’est gentil mais… »
-«  … pas de quoi. Et donc le premier entraînement c’est tout de suite. »
-«  Hein ??? »
– « Ben oui, il reste pile 5 jours avant la fin de la semaine, donc il faut y aller. Là, tout de suite. »
-«  Gné ??? »
-« Pense à tout ce chocolat que tu vas pouvoir manger après, hein ma chérie ?! »
(Bon alors pour l’écoute active, il repassera).
Et les gosses de s’exclamer en chœur :
-« Ah non ! Elle a dit pas de chocolat ! », les traitres.

Moralité : à l’avenir, tes bonnes résolutions point ne partageras.

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations

Père Noël exfiltré

Noël 2017 Humour Me by Barbara

Maintenant que j’ai enfin compris comment on se sert des filtres SnapChat (voir mon sourire béat, un peu niais suivant l’angle), je me dis que c’est quand même drôlement bien fichu.

C’est vrai, ça te défroisse la peau, ça te gomme les cernes, ça te donne les yeux pétillants et le  joli teint de rose qui va avec. En gros, c’est du concentré de Photoshop. Bon l’ennui c’est que t’as automatiquement des oreilles de chat, de lapin ou de nounours qui vont avec et du coup t’es repérée, tout le monde sait que c’est un filtre.

Understatement

Tandis que moi j’aimerais que mes copines me demandent, sidérées,  « C’est toi sur la photo ???  C’était quand ? Y’a 10 ans ? ». Alors je leur répondrais, en prenant mon air le plus blasé « Nan ça date de cet été, mais c’est parce que j’revenais de vacances alors j’avais trop la patate, tu vois ! », en mode understatement parce que quand même faudrait pas prendre le melon non plus.

Cher Père Noël

Alors cher Père Noël, toi qui est doté de super pouvoirs (et ne me dis pas le contraire juste parce que t’es en train de t’assoupir devant la télé), pourrais-tu inventer un filtre rajeunissant ? En échange, je te ferais exfiltrer dans un pays chaud. Entre chauffer ta vieille carcasse au soleil et te geler les miches en Laponie, y’a pas photo.

Bon allez, je compte sur toi. Sinon, je dis à tous les gosses que t’existes pas, à commencer par Pioupiou, et là tu seras drôlement mal, c’est moi qui te le dis.

Radio MNE et les chroniques d’une digital mum

chroniques d'une digital mom débordée

J’ai répondu aux questions de Jeanne, la Gentille Animatrice de Radio MNE à Mulhouse, dans la matinale du jeudi 21 décembre. Que du bonheur !

Et j’ai lu le texte suivant à l’antenne – avec la proposition d’en lire d’autres en 2018 : rendez-vous pris !!!!

Le syndrome du frigo vide 

Si tu as un ado à la maison, tu connais le syndrome du frigo vide. Si tu as une ado(e) aussi, d’ailleurs, égalité des sexes oblige. Mais cet appétit gargantuesque est à géométrie variable. À table, les jeunes pratiquent le tri sélectif. Explications.

Quand le Grand déclare qu’il a « trop-la-dalle-quand-est-ce-qu’on-mange », il veut dire: « Je me ferais bien un hamburger ou une pizza mais j’accepte aussi des spag bolo. » Autant dire que la soupe de légumes ne part pas favorite. D’ailleurs, il jette un coup d’œil sceptique au frigo, aussitôt qualifié d’anorexique. Ben oui, si tu exclus les légumes, le lait de chanvre et les substituts carnés, reste plus grand chose à se mettre sous la dent.

Quand Louloute laisse tomber qu’elle a pas faim ce soir, elle veut dire : « Je me ferais bien du pain de mie grillé au beurre de cacahuètes un peu plus tard (et un paquet de chips et de cookies qu’elle a acheté en douce) ». D’ailleurs, elle lance un regard de pitié sur la quiche végé sans gluten et sa salade mêlée qui nous attend à table.

Et le PNNS alors ?

Sale temps pour une maman qui tente de suivre à la fois les recommandations du Programme National Nutrition Santé, le régime paléo et plus généralement le bon sens. Ils ont déjà causé à des ados une fois dans leur vie, les nutritionnistes ?

Comment faire comprendre aux greffons que, non, on ne peut pas se nourrir exclusivement de pâtes, de pizzas, de sandwiches et de hot-dogs ? Et non, on ne peut pas non plus soutenir l’économie régionale en s’enfilant des tartes flambées, des Mauricettes et autres bretzels à longueur de journée ? Que si on achète de la viande en AMAP, c’est justement pour éviter le jambon Herta ? Que le thon Petit Navire n’est pas compatible avec la pêche durable MSC ? Qu’un kébab-frites n’est un repas ni équilibré ni sain, même s’il y a plein d’oignons et de chou dedans ? Que le ketchup ne compte pas comme une portion de légumes par jour ?

Estomacs sur pattes

Le pire dans tout ça c’est que nourrir des estomacs sur pattes, ça grève ton budget, ça plombe ton emploi du temps et ça bousille le bilan carbone de la planète. Tout ça pour t’entendre dire qu’il « y a jamais rien à grailler dans cette maison » et autres lamentations autour du « pourquoi on peut pas manger comme tout le monde ? ». Même z’Homme s’alarme du rapport densité alimentaire du frigo / factures des courses.

Dans ce contexte de morosité alimentaire, et après avoir essuyé un énième commentaire sur l’inutilité avérée des légumes, Pioupiou tente de me remonter le moral : « T’inquiète pas maman, moi j’irai jamais au McBeurk. » « Ah tant mieux, tu me rassures ! » « Bah oui, ils sont vraiment nuls leurs cadeaux ».

Ah oui, y’a ça.

Adopte un jeûne

adopte un jeûne avec naturellement jeune humour me

Se mettre à la diète avant les fêtes, c’est pas bête. Manger moins, c’est plus malin. Pour perdre du poids, il y aussi la turista. Mais pour détoxifier, jeûner c’est plus futé (à condition de s’organiser).

Quand j’ai dit à mes copines que je m’étais fait un jeune [prononcer je-eune] elles m’ont demandé : « c’était comment ? », je leur ai répondu, les mains dans les poches, « jouissif ». J’espère qu’on parlait bien de la même chose. Pour éviter de ressembler à un Télétubbies début janvier, j’ai en effet pensé qu’un petit découennage s’imposait. Et la seule date possible avant la fin de l’Avent et le début de l’après-fêtes était coincée entre la Saint-Nicolas et une soirée vin chaud avec les voisins. À cette époque de l’année, en Alsace, on rigole pas avec les traditions. Mais j’aime les défis, alors j’ai dit oui.

Descente aux enfers

Pour de vrai, dans un jeûne, le supplice c’est la descente alimentaire, chez soi, à la maison, avec les gosses qui parlent la bouche pleine et z’Homme qui propose de chercher des croissants au petit-déjeuner. Ils le font exprès tu crois ? Idem pour mes collègues, qui insistent pour que je m’alcoolise avec eux en fin de journée, convaincus que le jus de tomate c’est pour déconner. Dito pour ma mère qui tient à fêter la Saint-Nicolas avec plein de gluten et de lactose pour bien tapisser l’estomac, histoire de pas avoir faim pendant le jeûne. #MeurtreALaPinceAEpiler.

Mais avant de passer à l’acte, j’ai fait comme le roseau de la Fontaine, j’ai plié mais n’ai point cédé. Traduction : j’ai bien mangé, j’ai bien bu, j’avais la peau du ventre bien tendue, mais j’ai quand même pris la route. La bonne nouvelle, c’est que je n’avais ab-so-lu-ment pas faim en arrivant. En voyant la mine défaite de mes congénères, qui avaient commencé le jeûne quatre jours avant moi, je me suis dit que c’était pas le moment d’évoquer mes lourdeurs d’estomac. La mauvaise nouvelle, c’est que je me suis perdue. Faut dire qu’il faisait nuit noire et que mon GPS, aussi paumé que moi, répétait en boucle « Prenez une route digitalisée ». Je crois qu’ils ont pris Nabila pour faire la voix. La prochaine fois, je me tatoue les plans des lieux avant de partir à la Michael Scofield.

Menhirs vosgiens

Bon, j’te rassure, le lendemain j’était en full mode mal poilée. Rapport à l’absence de nourriture couplée à l’obligation de marcher. Même dans un haut-lieu d’énergie, la marche ça me tente rarement, sauf dans une grande ville avec plein de cafés qui te tendent les bras et des métros quand t’en as plein les jambes. Enjouée et volubile à souhait, notre cheftaine nous parlait menhirs, dolmens et autre cérémonie druidique, alors que je voulais juste qu’on me laisse mourir tranquillement dans un coin de nature.

En rentrant, on a fait les loques sur les canapés, avec plaid et bouillotte. On se serait cru dans un home de personnes âgées. Y’a pas, le jeûne, ça te file un de ces coups de vieux ! J’ai feuilleté le dernier Cosmo en sirotant une tisane insipide, faudrait pas fouetter les papilles gustatives non plus. Et à propos de fouet, devine sur quel article je tombe ? 10 bonnes résolutions sexuelles. Et là, d’un coup, je me suis pris un méga blues. Non parce que quand t’as une haleine de cheval, la peau terne et le cheveu plat, t’as du mal à t’imaginer parler sexe avec ton partenaire, du genre « J’adore la position Andromaque, et toi ? ».

Patte de chat vibrante

Heureusement, temps fort de la journée, après la sieste et le sauna, et avant un pauvre bouillon sans goût, t’as droit à un massage. Rien à voir avec une patte de chat vibrante ou z’Homme qui t’écrase les omoplates, c’est un vrai bon massage à l’ancienne. De ceux qui t’endormiraient presque s’il n’y avait pas une panne de radiateur ce jour-là. Au moins ça nous a fait un sujet de conversation. Après le succès de « Il fait nuit tôt maintenant », on a pu se dire « Il fait froid dans la salle de massage hein ». Parce que quand tu jeunes, vu que t’as pas le droit de parler bouffe et que le sujet de la météo est vite épuisé, reste pas grand chose à se mettre sous la dent, au sens figuré bien sûr. D’autant que ta matière grise est en jachère, comme le reste, alors ça favorise pas les débats.

Moi je dis, vivement la reprise alimentaire, qu’on puisse quitter le QI de l’huître. En plus, ce jour-là j’ai un vin chaud ou trois qui m’attendent. J’peux pas vexer les voisins non plus.

Speed-dating parents-professeurs

Speed dating humour me by barbara

Tu rêves de rencontrer des profs ? Tu veux en rencontrer un maximum en un minimum de temps ? T’as une soirée entière devant toi ? Le speed-dating parents-professeurs est fait pour toi. Oseras-tu relever le défi ?

7 minutes, et pas une de plus, c’est le temps que t’as pour causer de ton greffon et de ses nécessaires faiblesses avec chaque prof concerné. Parce que tu vas pas voir les profs des matières où tout va bien, nan. Ceux à qui tu demandes un rendez-vous représentent les matières faibles, celles où les notes ont dévissé pire que le CAC 40 en plein krach boursier. Tu reçois une petite grille horaire format A5 avec les noms des profs, les horaires de passage et les salles et tu te dis que c’est la grande classe. Un conseil : comme chaque seconde compte, munis-toi d’une montre à affichage digital, c’est plus rapide que de consulter l’heure sur un portable. Tu me diras merci plus tard.

Horaires indicatifs, comme à la SNCF

Alors d’abord, sans vouloir faire éclater ta petite bulle de bonheur, sache que les horaires précis qu’on t’a donnés – 16h52 ou 19h08, par exemple – ne sont pas faits pour être tenus. Ils sont « indicatifs », un peu comme à la SNCF. Le corps professoral a voulu donner un signal fort, montrer qu’ils vivent avec leur temps, et sur le papier, ça le fait. Mais c’est sans compter les brebis galeuses. Certains profs accumulent tellement de retard, que tu sors de chez l’un au moment ou tu aurais dû finir chez un autre, que tu zappes par la force des choses en espérant rattraper le coup un peu plus tard. Bref, c’est la perturbation générale dû à un sale effet domino. Et comme les parents, affolés, courent dans tous les sens, ça met un peu de piment à la situation. On est loin, très loin, de l’ambiance feutrée d’un bistrot propice aux rencontres.

À cela s’ajoute que, mathématiquement et physiologiquement, ces horaires sont impossibles à tenir. Oui parce que j’ai oublié de préciser que sont compris dans les 7 minutes imparties pour chaque rencontre : 1) le temps de transit entre les différentes salles, les différents étages et parfois les différents bâtiments, 2) le temps qu’il te faut pour serrer la main du prof en jonglant entre ta veste, ton calepin et la part de gâteau que t’as achetée aux secondes pour financer leur voyage scolaire 3) et enfin le temps de poser ton derrière sur une chaise encore toute chaude. Si tu dois faire pipi entre deux rendez-vous, explique à ta vessie que c’est juste pas possible. Si t’as pas le sens de l’orientation, abandonne carrément. Franchement, le planning est trop serré pour ce genre de futilités.

Au bon endroit à peu près au bon moment

Une fois que t’es au bon endroit à peu près au bon moment, encore faut-il repérer de suite le bon prof parce que, comme ils sont deux dans la même salle, pas facile de savoir avec qui t’as rendez-vous si tu connais pas sa tête. Moi j’dis ça, c’est pour les parents qui auraient loupé la réunion de rentrée. Ou ceux qui ne sont pas, mais absolument pas, physionomistes. Il est donc tout à fait possible que tu perdes quelques précieuses secondes à identifier le bon prof, voire à te tromper et à retourner dans la file d’attente.

Dans ce chaos organisé, la communication entre parents tient du grand art. Chacun consulte son planning d’un air fébrile, et si possible important. Et on se fait des petits checks : à quelle heure vous aviez rendez-vous ? Un parent : Ah moi j’avais rendez-vous a 17h21. Ah oui, mais moi a 17h14… du coup, c’est moi d’abord. Le parent que je viens de coiffer au poteau me lance un regard noir. Normal, c’est un nouveau parent, il a pas encore pigé les règles du jeu. Je me retiens de faire un fist pump, c’est pas terrible pour la cohésion de groupe, mais je lui fais un sourire que j’espère sincère en apparence.

Bonnet d’âne

Quand j’arrive enfin devant le prof de français de Louloute, tout s’explique. Dans la catégorie « taisez-vous que je m’écoute parler », il part largement favori. En dépit de son haleine d’hyène en putréfaction, ce clone de Deschiens retient les parents bien au-delà des 7 minutes règlementaires. Son gilet trop serré sur une chemise à carreaux rouges boutonnée jusqu’au col doit exercer sur la foule une sorte de fascination, là où Cristina Córdula ferait sans doute une rupture d’anévrisme. J’essaie de plaider le cas de Louloute pour la mauvaise note dans son bulletin. « C’est un accident », lui dis-je. « Eh ben, elle est drôlement accidentée ces temps-ci votre fille ! » Comme je le sens prêt à repartir pour un nouvel accès de diarrhée verbale, je me lève en hâte en marmonnant, sans conviction, « à la prochaine » et en lui décernant secrètement un bonnet d’âne.

Même le prof de maths tétra mutique n’arrive pas à compenser les excès de son loquace collègue. Il est vrai que dans la catégorie « taisez-vous que je m’écoute penser », il sait expédier les parents en trois minutes chrono avec deux formules au choix : N°1) bonjour, tout va bien, au revoir, N° 2) bonjour, comprend rien mais se donne du mal, au revoir. On le sent pressé de retourner à ses équations à plusieurs inconnues, parce que clairement, les parents, c’est pas son truc. Les élèves non plus d’ailleurs. Déçue, j’aimerais en savoir plus sur Louloute mais il me dit qu’on a déjà touché le fond alors faut arrêter de creuser. Il regarde sa montre d’un air ennuyé, me signifiant ainsi de ne pas être LA mère pénible qui va mettre en danger l’équilibre précaire de son carnet de rendez-vous. Je balbutie la possibilité de le revoir un autre jour. « Envoyez-moi un mail sur ENTEA », qu’il me répond. Je révise mon jugement : pas mutique, autiste celui-là. Et avec ça, tu t’étonnes que ma fille joue le remake du Titanic en maths.

La prochaine sur la liste est la prof d’histoire-géo mais à voir la file qui serpente dans tout le couloir et la délicate odeur de gaz moutarde qui va avec, j’ai comme un gros moment de découragement. Allez, encore deux ans et ce sera plus qu’un mauvais souvenir. Ah non, j’oubliais, dans deux ans Pioupiou rentre au collège. Je vais peut-être me prendre une année sabbatique, ou quatre.

Winter body un poil trop tôt

Winter Body Humour Me Barbara Reibel

Ce matin, quand je me suis regardée dans le miroir-mon-beau-miroir, j’ai constaté avec effroi que j’avais déjà épousé mon winter body. En plein automne. Et que si je ne faisais rien, cette union risquait vraiment de durer toute la vie.

On dirait que mon corps a enfilé sa petite doudoune bien capitonnée, avec un zeste de peau d’orange, en prévision des froides journées de l’hiver qu’a pas-encore-commencé-mais-ça-ne-saurait-tarder-on-n’est-jamais-trop-prudent. Cette sous-couche isolante serait tout à fait utile pour une expédition en chien de traineaux dans un coin bien inhospitalier de la planète, style Mouthe dans le Doubs, −37,2 °C le matin.

L’hypothermie pour maigrir

Oui mais non. Je suis en froid avec les températures négatives dont le seul véritable attrait à mes yeux reste la raclette. Roooo c’est bon, j’déconne. Sérieux, va falloir trouver quelque chose d’au moins aussi puissant que le froid polaire si je veux pas ressembler à un bloc de saindoux après les fêtes. Même le très fiable Femme Actuelle et son régime miracle de la semaine ont capitulé : dans le dernier numéro on ne parle plus que de verrines festives, sapin feuilleté à croquer, sélection des meilleurs bûches…. maigrir, c’est pas avant début janvier, en même temps que les soldes et les bonnes résolutions. Faudrait pas embrouiller le calendrier éditorial non plus.

Heureusement je peux toujours compter sur mes copines. C’est vrai que les régimes, ça nous connaît. Entre Montignac, Dukan, Atkins, la cure d’ananas et le bouillon de chou, on pourrait écrire des bancs d’essai à en faire pâlir d’envie la rédac de Cosmo. Au détour d’un p’tit déj entre filles, mes copines se lancent, toujours prêtes à voler à mon secours.

Banc d’essai des régimes, les vrais, ceux qui marchent

Juju, l’écolo-végé du groupe, me suggère une mono-diète à l’endive, légume local et de saison, quasi irréprochable avec son empreinte carbone proche de zéro. Comment lui dire, sans froisser sa fibre militante, que je ne suis pas fâne du chicon, comme ils disent dans le Norrrrd ? Amie des bêtes jusqu’à la plus modeste créature, Juju me propose aussi la stratégie du ténia, ce sympathique ver qui se loge dans tes intestins et te permet de manger tout ce que tu veux, à toute heure du jour et même de la nuit, sans prendre un gramme. Non merci, sans façons.

Caro a testé le régime Fridman. C’était il y a longtemps et elle en parle encore avec nostalgie. Intriguée, je veux en savoir plus : « En fait, m’explique-t-elle, c’est un peu un régime sans régime » Mais encore ? « en gros, faut sauter aucun repas, manger des aliments de qualité et pas se resservir et voilà ! ». Euh… ben c’est un peu ce que je fais déjà, non ? « Non, parce que là c’est un régime. » Comprends plus.

Greta a employé la méthode forte avec Atkins, dit le Terminator des glucides. « Ach, faut être motifffée. Pas de Zucker et pas de Kartoffel. C’est tur. Très très tur. » Même écouter Sugar Daddy c’est interdit. Si t’es prête à devenir la personne la plus pénible de la création et à cesser toute activité sociale, ce régime te tend les bras.  « Che t’ai pas tit, rajoute-t-elle,  y faut le faire touchours.»  Atkins, on sait quand ça commence…

Retour à la case départ

Gazou, ainsi nommée à cause de son physique de mannequin lingerie, avait eu le bon sens de la boucler jusque là. Mais elle n’y tient plus et balance de sa douce voix flutée de taille 34 : « Tu sais, on dit à nos filles qu’elles doivent s’aimer comme elles sont, alors si on chiale devant notre miroir … ». Rappelle-moi pourquoi c’est ma copine, celle-là ?

Cocotte, qui a toujours les pattes sur terre – c’est sa nature de gallinacée – enchaîne : « Si tu veux ressembler à Gazou, c’est mort. Et si tu te mets au régime, tu perdras péniblement 2-3 kg. Bon, je juge pas, ça peut être utile pour rentrer dans une robe de soirée. Mais après, faudra continuer à manger sainement tous les jours de ta misérable existence. C’est pas un peu la déprime, ça ? »

Pas faux. Bon allez, j’y réfléchis et je m’y mets demain, peut-être, mais c’est pas sûr.

 

PS : pour le plaisir, voici le tweet qui m’a inspiré ce billet, merci @TaniaKessaouti 😉

winter body tweet humour me barbara reibel

La digital mum débordée fait son come-back dans la Saison 3 et elle te veut dans son équipe !

Saison 3 - 52 nuances de vie Barbara Reibel

« Barbara Reibel balance les mots un peu comme un gentil venin qu’elle injecte avec légèreté, croustillance et malice. »
G. Mougel, L’Alsace

Ayé, amazon a donné le coup d’envoi de la Saison 3. Pas trop tôt. J’avais hâte d’éteindre mon Mac et de reprendre une vie normale. Oui enfin à peu près. Allez je rembobine pour toi, qui a attendu la suite avec tant de patience. Aheum.

Suspense

J’aime bien finir chaque saison en mode cliffhanger, ce moment de l’intrigue qui donne envie [DEL: de mettre fin à cette attente insoutenable :DEL] de lire la suite.

La scène finale a lieu généralement au moment où les protagonistes (nous) s’apprêtent à partir en vacances et le lecteur devine qu’ils vont vivre un tas d’aventures plus haletantes les unes que les autres. C’est alors que … (argggghhh) FIN.

Retour et avance rapide

La Saison 2 s’était achevée juste avant notre départ à z’Homme et moi au pays des lamas. J’insiste : sans Louloute (14 ans) et Pioupiou (8 ans), déportés en colo, et sans le Grand (19 ans), transformé en gardien de maison.

Cette Saison 3 démarre donc très fort : à bord d’un avion qui s’envole vers Lima. Après elle continue sur 52 chapitres, histoire de justifier le titre du livre.

Pour la faire courte : c’est l’histoire d’une femme qui cherche le bonheur dans le pré mais tombe sur un champ de mines. Entre un z’Homme définitivement ob(t)us, un Grand qui cherche encore le bouton du détonateur, une Louloute explosive et Pioupiou, véritable bombe à retardement, elle tente de colmater les brèches. Question : est-ce que ça va lui sauter à la figure ? Réponse : dans le livre.

Amuse-bouche

Rassure-toi, on va pas se quitter comme ça ! Je t’ai préparé quelques petites bouchées dont tu me diras des nouvelles. Et justement, à propos de nouvelles, n’oublie pas de me laisser un avis sur Amazon. Regarde plus bas, tu verras à quoi ça sert …..

Extraits saison 3 - 52 nuances de vie Barbara Reibel

Et voilà les avis dont je te parlais

Avis Saisons 1 et 2 - 52 nuances de vie Barbara ReibelAllez je te claque une bise et je te dis à très vite !
Barbara