Pestacle foiré, cuite assurée ou comment sauver la deuxième partie de soirée

pestacle foiré cuite assurée Humour Me

Ça t’es déjà arrivé de tomber sur un spectacle en mode gros navet du siècle ? Ayé, moi c’est fait. Heureusement, la deuxième mi-temps a tout sauvé. Ça m’a évité de torpiller complètement le seul soir de la semaine où je peux faire la grasse mat’ le lendemain.

Un spectacle-soirée cabaret sur le thème « we are all brothers and sisters, man », ça sentait bon l’élan humaniste. Avec ma copine Juju on s’est dit que notre karma allait adorer. Mais c’est bien connu « Karma is a bitch » et elle n’allait pas tarder à nous le montrer.

[Pour nourrir ton imagination que je sais fertile, pense très fort à un hamster qui se retourne sur fond de musique dramatique ; sinon, tape « hamster qui se retourne » sur Google, c’est le premier résultat qui sort.]

Boire le vin tant qu’il est chaud

Donc on déboule, Juju et moi, dans une salle archi-comble et, frétillantes comme des gardons, on fait un petit tour au bar pour se chauffer le gosier. Je ne sais plus qui a dit qu’il faut boire le vin tant qu’il est chaud, mais honnêtement, c’est le meilleur dicton du monde quand tu t’es trompée de soirée et que t’aurais bien aimé te faire boire ailleurs.

Parce que trompées, on s’est. [Et non pas « on sait », parce que justement, on savait pas. Sinon on s’rait pas venues figure-toi. Bon, j’ai peut-être encore un peu d’alcool dans le sang, m’en veux pas steup.]

Le présentateur à la septentaine bien frappée, n’avait rien préparé, même pas son apparence. Passons sur la dégaine, on ne juge pas une bouteille de vin à son étiquette. [Enfin si, quand même]. Mais là, le contenu était du même tonneau que le contenant : éventé. De bafouillements en propos décousus, de « private jokes » en transitions ratées, ça sentait le vin qu’a mal vieilli.

Pire qu’un cours de trigonométrie en suédois

Cela dit, il a pas fallu plus de dix minutes pour s’apercevoir qu’avec les artistes non plus, ça allait pas le faire. Parce que sur scène, c’était pire qu’un cours de trigonométrie en suédois. Incompréhensible. Avec Juju on s’est dit, ça va démarrer, hein ? Les artistes veulent nous faire passer un message et juste on a pas encore compris c’est quoi. C’est la mise en train, c’est normal. Mais en fait, non. À part quelques grains nobles égarés, cette soirée s’est déroulée entre gens qui auraient aimé être des artistes pour pouvoir faire leur numéro. Devant un public qui hésitait entre stupeur et ennui mortel. Et deux hyènes qui ricanaient au premier rang.

À la fin de la première mi-temps, Juju et moi on a jeté l’éponge et on est allées éponger notre trop-plein d’alcool un peu plus loin, dans un chouette bar ouvert jusque tard dans la nuit. Tout bu or not tout bu, telle était la question, et comme l’alcool était la réponse, ça pas arrangé notre cas. Mais au moins on a sauvé la deuxième partie de soirée.

 

Crédit photo : merci à Pénélope Bagieu du site penelope-jolicoeur.com

Tirer les rois pour changer, ou comment une simple galette peut faire débat

galette_des_rois_humour_me_mathou

Je suis en plein dans le trip des traditions, alors après la Saint-Nicolas, le Père-Noël et les résolutions du Nouvel An, gros sujet : les Rois Mages. Ou comment animer toute une soirée avec une simple galette des rois.

La marraine de Pioupiou est une noble âme qui a pris sur elle d’inviter trois familles pour la Galette des Rois ; je mets des majuscules parce que quand tu sors des festivités de Noël, remettre le couvert, si je puis dire, et les petits plats dans les grands, c’est admirable. Et puis tant qu’à offrir à Pioupiou comme cadeau de Noël le plus grand lego de tous les temps, le Faucon Millénium et ses 7500 pièces à assembler, autant avoir du monde autour pour finir les bouteilles et salir les tapis.

Dorée au curcuma

Pour apporter ma très modeste contribution à cette petite sauterie qui consistait à tirer les rois, j’ai ramené une galette aux pommes maison. Qui a défrayé la chronique, va savoir pourquoi. Peut-être parce que les invités, intrigués, n’ont pas bien compris d’où venait cette jolie couleur jaune mat – un peu vif, le jaune. Ben c’est du curcuma, quoi, délayé dans du lait végétal, j’ai dit en les trouvant secrètement un peu longs à la comprenette. Après quoi il a fallu que j’explique pourquoi j’utilisais pas de jaune d’œuf comme tout le monde. Comme je venais de m’enfiler une mini-saucisse au canard, l’argument végétarien faisait pas trop crédible alors j’ai dit que c’était pour pas gaspiller le blanc, parce que c’est pas faux non plus : quand tu prends un jaune pour la dorure, tu jettes le blanc, ce qui te brouille définitivement avec les œufs Après quoi ils m’ont lancé des regards discrets de commisération, m’ont demandé si je connaissais pas la recette des financiers – mais si, c’est ultra fastoche, une poignée d’amandes, un peu de sucre, le blanc justement que t’allais jeter et c’est parti ! Parti pour faire un four sans doute, connaissant mes talents cachés, mais alors vraiment très bien planqués, de cuisinière.

Bonne pomme

Sinon, ils ont trouvé que c’était bon, les pommes, ça change de la frangipane. Et pourquoi des pommes ? Ben parce qu’un jour, sur un coup de tête, j’ai passé 20 kg de pommes en confiture, que j’leur ai dit. Après quoi il a fallu que j’explique que je suis adhérente à une AMAP fruits qui propose des pommes 9 mois sur 12, climat alsacien oblige. Autant dire que tu deviens de facto la reine des tartes. Donc après les tartes aux pommes, les gâteaux aux pommes, les pommes au four, les compotes de pommes, les jus de pommes, les pommes séchées et les pommes à croquer, j’ai tenté la confiture de pommes. L’idée paraissait bonne mais pour faire bref, gros pépin : personne n’a aimé. Pas même z’Homme qui avale sans moufter toutes mes créations culinaires, heu… originales.

Gaspard & Balthazar (et aussi Melchior)

C’est pour cela que tous les ans, ai-je conclu, je liquide un peu plus mon stock de confiture de pommes dont j’enfile de généreuses quantités entre deux ronds de pâtes feuilletées. Après quoi, chacun a mâchouillé sa part de galette en silence, en me lançant des coups d’œil furtifs et inquiets. Z’Homme a brisé l’omerta en déclarant bruyamment qu’il avait la fève. Une fève Barbapapa, toute jaune, elle aussi, et bien dodue, sur laquelle il a failli se casser une dent. Pourquoi une fève Barbapapa ? Moi j’ai trouvé que ça commençait à bien faire toutes ces questions alors j’ai demandé si on pouvait pas bouffer la galette en paix plutôt que d’en causer jusqu’à plus soif. Et à propos de soif, si on voulait bien me remplir le verre. Parce que si on veut commencer à ouvrir de vrais débats, ayons une pensée émue pour les Rois Mages. Déjà qu’ils ont des prénoms à figurer au Palmashow les pauvres, mais en plus ils se sont tapés pas loin de 2000 km à dos de chameau pour finir dans une chanson de Sheila. Et ça c’est pas cool.

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations

Résolument irrésolue en ce début d’année 2018

bonnes resolutions humour me by barbara

Chaque début d’année, j’adopte de bonnes résolutions. Qui consistent essentiellement à recycler celles des années précédentes. Chasse aux gaspis oblige : pourquoi en adopter de nouvelles quand t’as pas écoulé le stock des cinq dernières années ?

Moi je trouve que c’est une tradition qui n’est pas plus hypocrite que le Père-Noël ou les soldes de janvier. C’est d’ailleurs la seule et unique fois dans l’année où t’as le droit d’être complètement mytho sans que personne te dise rien. Surtout pas tes gosses et ton z’Homme. Si je déclare que je vais devenir végé, arrêter le sucre dans le café, et le café tout court, et même courir 5 fois par semaine pour rattraper mes 75 heures passées devant l’écran, personne n’a le droit de dire que j’abuse. Même pas pour rire. C’est mauvais pour le karma. Et c’est pire pour tous les avantages acquis.

Mettre un filtre avant de causer

Les gosses ont vite compris que s’ils voulaient continuer à toucher leur argent de poche, ils avaient intérêt à mettre un filtre avant de causer.
Ça donne des dialogues d’une rare authenticité :
-« Alors tu vas faire comment pour cuisiner végé et carné en même temps ? me demande Le Grand , Moi j’te demande ça, c’est pas pour moi, hein, moi je suis pas là en semaine… »
(C’est moi ou il dit ça comme s’il l’avait échappé belle ???)
-«  Mais … c’est simple : je vais cuisiner végé pour toute la famille »
– « Ah ben oui, bien sûr, il suffisait d’y penser » dit-il d’un ton prudemment neutre
(Futur politicien, celui-là).

Louloute, qui craint le devoir de solidarité, a du mal à cacher son inquiétude :
-« Mais tu vas arrêter le café comme ça, d’un coup ? »
-« Oui. De toutes façons vu le prix des capsules de café bio, je travaille toute la journée pour pouvoir acheter de quoi me réveiller le matin. »
-«  Et donc pareil pour les gâteaux, tu vas t’arrêter comme ça d’un coup ? »
-« C’est l’idée. Déjà, je ne tremperai plus de petits gâteaux dans mon café, puisque je ne boirai plus de café et hop, d’une pierre deux coups. »
-«  Mais pour le chocolat ? » insiste-t-elle, on sent que c’est un chapitre sensible chez une ado dopée au sucre.
-« Rassure-toi, j’en achèterai encore pour vous et je vous regarderai manger, tant pis. » dis-je d’un ton magnanime.
(De toutes façons, comme disait ma grand-mère, les promesses n’engagent que ceux qui y croient).

Promettre, ça n’engage à rien … ou presque

Pour s’empêcher tout commentaire qui pourrait la priver de sortie, Louloute se tourne vers son petit frère :
-«  Il faudra pas narguer maman, hein ? »
-«  T’inquiète, lui répond Pioupiou avec assurance, on mettra tout dans la cachette, comme on fait déjà. »
-« Ah bon, quelle cachette ? », je demande, tu sais, juste au cas où.
– « Ben non maman, je peux pas te le dire –sinon tu vas être tentée. »
(J’t’en foutrais moi des gamins qui sont plus sérieux que les adultes).

Z’Homme fait irruption dans le débat juste au moment où j’allais soudoyer Pioupiou pour connaître l’emplacement de la fameuse cachette, tu sais, juste au cas où :
-«  Au fait ma chérie, si je t’ai bien entendue, avec l’écoute active et tout et tout, tu as décidé de courir cinq fois par semaine cette année ? »
-« Heu, oui, pourquoi ? »
-« Ben parce que je trouve ton idée absolument géniale et figure-toi que moi j’ai pris la bonne résolution d’être ton coach sportif cette année. Avoue que ça tombe plutôt bien, on aurait voulu le faire exprès qu’on n’aurait pas réussi ! »
(Il a l’air content de lui – je lui éclate sa petite bulle de bonheur tout de suite ou maintenant ?)
-« C’est gentil mais… »
-«  … pas de quoi. Et donc le premier entraînement c’est tout de suite. »
-«  Hein ??? »
– « Ben oui, il reste pile 5 jours avant la fin de la semaine, donc il faut y aller. Là, tout de suite. »
-«  Gné ??? »
-« Pense à tout ce chocolat que tu vas pouvoir manger après, hein ma chérie ?! »
(Bon alors pour l’écoute active, il repassera).
Et les gosses de s’exclamer en chœur :
-« Ah non ! Elle a dit pas de chocolat ! », les traitres.

Moralité : à l’avenir, tes bonnes résolutions point ne partageras.

Crédit photo : la talentueuse Mathou, à suivre ici : crayondhumeur.blogspot.fr et là : Facebook Mathou illustrations