Père Noël exfiltré

Noël 2017 Humour Me by Barbara

Maintenant que j’ai enfin compris comment on se sert des filtres SnapChat (voir mon sourire béat, un peu niais suivant l’angle), je me dis que c’est quand même drôlement bien fichu.

C’est vrai, ça te défroisse la peau, ça te gomme les cernes, ça te donne les yeux pétillants et le  joli teint de rose qui va avec. En gros, c’est du concentré de Photoshop. Bon l’ennui c’est que t’as automatiquement des oreilles de chat, de lapin ou de nounours qui vont avec et du coup t’es repérée, tout le monde sait que c’est un filtre.

Understatement

Tandis que moi j’aimerais que mes copines me demandent, sidérées,  « C’est toi sur la photo ???  C’était quand ? Y’a 10 ans ? ». Alors je leur répondrais, en prenant mon air le plus blasé « Nan ça date de cet été, mais c’est parce que j’revenais de vacances alors j’avais trop la patate, tu vois ! », en mode understatement parce que quand même faudrait pas prendre le melon non plus.

Cher Père Noël

Alors cher Père Noël, toi qui est doté de super pouvoirs (et ne me dis pas le contraire juste parce que t’es en train de t’assoupir devant la télé), pourrais-tu inventer un filtre rajeunissant ? En échange, je te ferais exfiltrer dans un pays chaud. Entre chauffer ta vieille carcasse au soleil et te geler les miches en Laponie, y’a pas photo.

Bon allez, je compte sur toi. Sinon, je dis à tous les gosses que t’existes pas, à commencer par Pioupiou, et là tu seras drôlement mal, c’est moi qui te le dis.

Radio MNE et les chroniques d’une digital mum

chroniques d'une digital mom débordée

J’ai répondu aux questions de Jeanne, la Gentille Animatrice de Radio MNE à Mulhouse, dans la matinale du jeudi 21 décembre. Que du bonheur !

Et j’ai lu le texte suivant à l’antenne – avec la proposition d’en lire d’autres en 2018 : rendez-vous pris !!!!

Le syndrome du frigo vide 

Si tu as un ado à la maison, tu connais le syndrome du frigo vide. Si tu as une ado(e) aussi, d’ailleurs, égalité des sexes oblige. Mais cet appétit gargantuesque est à géométrie variable. À table, les jeunes pratiquent le tri sélectif. Explications.

Quand le Grand déclare qu’il a « trop-la-dalle-quand-est-ce-qu’on-mange », il veut dire: « Je me ferais bien un hamburger ou une pizza mais j’accepte aussi des spag bolo. » Autant dire que la soupe de légumes ne part pas favorite. D’ailleurs, il jette un coup d’œil sceptique au frigo, aussitôt qualifié d’anorexique. Ben oui, si tu exclus les légumes, le lait de chanvre et les substituts carnés, reste plus grand chose à se mettre sous la dent.

Quand Louloute laisse tomber qu’elle a pas faim ce soir, elle veut dire : « Je me ferais bien du pain de mie grillé au beurre de cacahuètes un peu plus tard (et un paquet de chips et de cookies qu’elle a acheté en douce) ». D’ailleurs, elle lance un regard de pitié sur la quiche végé sans gluten et sa salade mêlée qui nous attend à table.

Et le PNNS alors ?

Sale temps pour une maman qui tente de suivre à la fois les recommandations du Programme National Nutrition Santé, le régime paléo et plus généralement le bon sens. Ils ont déjà causé à des ados une fois dans leur vie, les nutritionnistes ?

Comment faire comprendre aux greffons que, non, on ne peut pas se nourrir exclusivement de pâtes, de pizzas, de sandwiches et de hot-dogs ? Et non, on ne peut pas non plus soutenir l’économie régionale en s’enfilant des tartes flambées, des Mauricettes et autres bretzels à longueur de journée ? Que si on achète de la viande en AMAP, c’est justement pour éviter le jambon Herta ? Que le thon Petit Navire n’est pas compatible avec la pêche durable MSC ? Qu’un kébab-frites n’est un repas ni équilibré ni sain, même s’il y a plein d’oignons et de chou dedans ? Que le ketchup ne compte pas comme une portion de légumes par jour ?

Estomacs sur pattes

Le pire dans tout ça c’est que nourrir des estomacs sur pattes, ça grève ton budget, ça plombe ton emploi du temps et ça bousille le bilan carbone de la planète. Tout ça pour t’entendre dire qu’il « y a jamais rien à grailler dans cette maison » et autres lamentations autour du « pourquoi on peut pas manger comme tout le monde ? ». Même z’Homme s’alarme du rapport densité alimentaire du frigo / factures des courses.

Dans ce contexte de morosité alimentaire, et après avoir essuyé un énième commentaire sur l’inutilité avérée des légumes, Pioupiou tente de me remonter le moral : « T’inquiète pas maman, moi j’irai jamais au McBeurk. » « Ah tant mieux, tu me rassures ! » « Bah oui, ils sont vraiment nuls leurs cadeaux ».

Ah oui, y’a ça.

Adopte un jeûne

adopte un jeûne avec naturellement jeune humour me

Se mettre à la diète avant les fêtes, c’est pas bête. Manger moins, c’est plus malin. Pour perdre du poids, il y aussi la turista. Mais pour détoxifier, jeûner c’est plus futé (à condition de s’organiser).

Quand j’ai dit à mes copines que je m’étais fait un jeune [prononcer je-eune] elles m’ont demandé : « c’était comment ? », je leur ai répondu, les mains dans les poches, « jouissif ». J’espère qu’on parlait bien de la même chose. Pour éviter de ressembler à un Télétubbies début janvier, j’ai en effet pensé qu’un petit découennage s’imposait. Et la seule date possible avant la fin de l’Avent et le début de l’après-fêtes était coincée entre la Saint-Nicolas et une soirée vin chaud avec les voisins. À cette époque de l’année, en Alsace, on rigole pas avec les traditions. Mais j’aime les défis, alors j’ai dit oui.

Descente aux enfers

Pour de vrai, dans un jeûne, le supplice c’est la descente alimentaire, chez soi, à la maison, avec les gosses qui parlent la bouche pleine et z’Homme qui propose de chercher des croissants au petit-déjeuner. Ils le font exprès tu crois ? Idem pour mes collègues, qui insistent pour que je m’alcoolise avec eux en fin de journée, convaincus que le jus de tomate c’est pour déconner. Dito pour ma mère qui tient à fêter la Saint-Nicolas avec plein de gluten et de lactose pour bien tapisser l’estomac, histoire de pas avoir faim pendant le jeûne. #MeurtreALaPinceAEpiler.

Mais avant de passer à l’acte, j’ai fait comme le roseau de la Fontaine, j’ai plié mais n’ai point cédé. Traduction : j’ai bien mangé, j’ai bien bu, j’avais la peau du ventre bien tendue, mais j’ai quand même pris la route. La bonne nouvelle, c’est que je n’avais ab-so-lu-ment pas faim en arrivant. En voyant la mine défaite de mes congénères, qui avaient commencé le jeûne quatre jours avant moi, je me suis dit que c’était pas le moment d’évoquer mes lourdeurs d’estomac. La mauvaise nouvelle, c’est que je me suis perdue. Faut dire qu’il faisait nuit noire et que mon GPS, aussi paumé que moi, répétait en boucle « Prenez une route digitalisée ». Je crois qu’ils ont pris Nabila pour faire la voix. La prochaine fois, je me tatoue les plans des lieux avant de partir à la Michael Scofield.

Menhirs vosgiens

Bon, j’te rassure, le lendemain j’était en full mode mal poilée. Rapport à l’absence de nourriture couplée à l’obligation de marcher. Même dans un haut-lieu d’énergie, la marche ça me tente rarement, sauf dans une grande ville avec plein de cafés qui te tendent les bras et des métros quand t’en as plein les jambes. Enjouée et volubile à souhait, notre cheftaine nous parlait menhirs, dolmens et autre cérémonie druidique, alors que je voulais juste qu’on me laisse mourir tranquillement dans un coin de nature.

En rentrant, on a fait les loques sur les canapés, avec plaid et bouillotte. On se serait cru dans un home de personnes âgées. Y’a pas, le jeûne, ça te file un de ces coups de vieux ! J’ai feuilleté le dernier Cosmo en sirotant une tisane insipide, faudrait pas fouetter les papilles gustatives non plus. Et à propos de fouet, devine sur quel article je tombe ? 10 bonnes résolutions sexuelles. Et là, d’un coup, je me suis pris un méga blues. Non parce que quand t’as une haleine de cheval, la peau terne et le cheveu plat, t’as du mal à t’imaginer parler sexe avec ton partenaire, du genre « J’adore la position Andromaque, et toi ? ».

Patte de chat vibrante

Heureusement, temps fort de la journée, après la sieste et le sauna, et avant un pauvre bouillon sans goût, t’as droit à un massage. Rien à voir avec une patte de chat vibrante ou z’Homme qui t’écrase les omoplates, c’est un vrai bon massage à l’ancienne. De ceux qui t’endormiraient presque s’il n’y avait pas une panne de radiateur ce jour-là. Au moins ça nous a fait un sujet de conversation. Après le succès de « Il fait nuit tôt maintenant », on a pu se dire « Il fait froid dans la salle de massage hein ». Parce que quand tu jeunes, vu que t’as pas le droit de parler bouffe et que le sujet de la météo est vite épuisé, reste pas grand chose à se mettre sous la dent, au sens figuré bien sûr. D’autant que ta matière grise est en jachère, comme le reste, alors ça favorise pas les débats.

Moi je dis, vivement la reprise alimentaire, qu’on puisse quitter le QI de l’huître. En plus, ce jour-là j’ai un vin chaud ou trois qui m’attendent. J’peux pas vexer les voisins non plus.

Speed-dating parents-professeurs

Speed dating humour me by barbara

Tu rêves de rencontrer des profs ? Tu veux en rencontrer un maximum en un minimum de temps ? T’as une soirée entière devant toi ? Le speed-dating parents-professeurs est fait pour toi. Oseras-tu relever le défi ?

7 minutes, et pas une de plus, c’est le temps que t’as pour causer de ton greffon et de ses nécessaires faiblesses avec chaque prof concerné. Parce que tu vas pas voir les profs des matières où tout va bien, nan. Ceux à qui tu demandes un rendez-vous représentent les matières faibles, celles où les notes ont dévissé pire que le CAC 40 en plein krach boursier. Tu reçois une petite grille horaire format A5 avec les noms des profs, les horaires de passage et les salles et tu te dis que c’est la grande classe. Un conseil : comme chaque seconde compte, munis-toi d’une montre à affichage digital, c’est plus rapide que de consulter l’heure sur un portable. Tu me diras merci plus tard.

Horaires indicatifs, comme à la SNCF

Alors d’abord, sans vouloir faire éclater ta petite bulle de bonheur, sache que les horaires précis qu’on t’a donnés – 16h52 ou 19h08, par exemple – ne sont pas faits pour être tenus. Ils sont « indicatifs », un peu comme à la SNCF. Le corps professoral a voulu donner un signal fort, montrer qu’ils vivent avec leur temps, et sur le papier, ça le fait. Mais c’est sans compter les brebis galeuses. Certains profs accumulent tellement de retard, que tu sors de chez l’un au moment ou tu aurais dû finir chez un autre, que tu zappes par la force des choses en espérant rattraper le coup un peu plus tard. Bref, c’est la perturbation générale dû à un sale effet domino. Et comme les parents, affolés, courent dans tous les sens, ça met un peu de piment à la situation. On est loin, très loin, de l’ambiance feutrée d’un bistrot propice aux rencontres.

À cela s’ajoute que, mathématiquement et physiologiquement, ces horaires sont impossibles à tenir. Oui parce que j’ai oublié de préciser que sont compris dans les 7 minutes imparties pour chaque rencontre : 1) le temps de transit entre les différentes salles, les différents étages et parfois les différents bâtiments, 2) le temps qu’il te faut pour serrer la main du prof en jonglant entre ta veste, ton calepin et la part de gâteau que t’as achetée aux secondes pour financer leur voyage scolaire 3) et enfin le temps de poser ton derrière sur une chaise encore toute chaude. Si tu dois faire pipi entre deux rendez-vous, explique à ta vessie que c’est juste pas possible. Si t’as pas le sens de l’orientation, abandonne carrément. Franchement, le planning est trop serré pour ce genre de futilités.

Au bon endroit à peu près au bon moment

Une fois que t’es au bon endroit à peu près au bon moment, encore faut-il repérer de suite le bon prof parce que, comme ils sont deux dans la même salle, pas facile de savoir avec qui t’as rendez-vous si tu connais pas sa tête. Moi j’dis ça, c’est pour les parents qui auraient loupé la réunion de rentrée. Ou ceux qui ne sont pas, mais absolument pas, physionomistes. Il est donc tout à fait possible que tu perdes quelques précieuses secondes à identifier le bon prof, voire à te tromper et à retourner dans la file d’attente.

Dans ce chaos organisé, la communication entre parents tient du grand art. Chacun consulte son planning d’un air fébrile, et si possible important. Et on se fait des petits checks : à quelle heure vous aviez rendez-vous ? Un parent : Ah moi j’avais rendez-vous a 17h21. Ah oui, mais moi a 17h14… du coup, c’est moi d’abord. Le parent que je viens de coiffer au poteau me lance un regard noir. Normal, c’est un nouveau parent, il a pas encore pigé les règles du jeu. Je me retiens de faire un fist pump, c’est pas terrible pour la cohésion de groupe, mais je lui fais un sourire que j’espère sincère en apparence.

Bonnet d’âne

Quand j’arrive enfin devant le prof de français de Louloute, tout s’explique. Dans la catégorie « taisez-vous que je m’écoute parler », il part largement favori. En dépit de son haleine d’hyène en putréfaction, ce clone de Deschiens retient les parents bien au-delà des 7 minutes règlementaires. Son gilet trop serré sur une chemise à carreaux rouges boutonnée jusqu’au col doit exercer sur la foule une sorte de fascination, là où Cristina Córdula ferait sans doute une rupture d’anévrisme. J’essaie de plaider le cas de Louloute pour la mauvaise note dans son bulletin. « C’est un accident », lui dis-je. « Eh ben, elle est drôlement accidentée ces temps-ci votre fille ! » Comme je le sens prêt à repartir pour un nouvel accès de diarrhée verbale, je me lève en hâte en marmonnant, sans conviction, « à la prochaine » et en lui décernant secrètement un bonnet d’âne.

Même le prof de maths tétra mutique n’arrive pas à compenser les excès de son loquace collègue. Il est vrai que dans la catégorie « taisez-vous que je m’écoute penser », il sait expédier les parents en trois minutes chrono avec deux formules au choix : N°1) bonjour, tout va bien, au revoir, N° 2) bonjour, comprend rien mais se donne du mal, au revoir. On le sent pressé de retourner à ses équations à plusieurs inconnues, parce que clairement, les parents, c’est pas son truc. Les élèves non plus d’ailleurs. Déçue, j’aimerais en savoir plus sur Louloute mais il me dit qu’on a déjà touché le fond alors faut arrêter de creuser. Il regarde sa montre d’un air ennuyé, me signifiant ainsi de ne pas être LA mère pénible qui va mettre en danger l’équilibre précaire de son carnet de rendez-vous. Je balbutie la possibilité de le revoir un autre jour. « Envoyez-moi un mail sur ENTEA », qu’il me répond. Je révise mon jugement : pas mutique, autiste celui-là. Et avec ça, tu t’étonnes que ma fille joue le remake du Titanic en maths.

La prochaine sur la liste est la prof d’histoire-géo mais à voir la file qui serpente dans tout le couloir et la délicate odeur de gaz moutarde qui va avec, j’ai comme un gros moment de découragement. Allez, encore deux ans et ce sera plus qu’un mauvais souvenir. Ah non, j’oubliais, dans deux ans Pioupiou rentre au collège. Je vais peut-être me prendre une année sabbatique, ou quatre.