Au bout du rouleau

au bout du rouleau humour me by barbara

C’est chaque fois la même chose : dès que le rouleau de papier toilette arrive en fin d’une vie peu glorieuse mais néanmoins indispensable, il reste fermement agrippé au dérouleur, comme une moule à son rocher.

Du coup, le nouveau rouleau, au lieu d’être placé là où il se doit, est posé quelque part ou ailleurs, à portée de main tout de même, c’est plus pratique pour s’en servir. Mais il y a pire : une fois vide, ce deuxième cylindre d’un brun de circonstance rejoint le premier, tandis qu’un autre rouleau neuf bien dodu tient compagnie à ses deux compagnons d’infortune. C’est pas touchant ça ?

Et ainsi, au fil des jours, les cadavres de rouleaux s’alignent aux toilettes avec un instinct grégaire des plus sûrs : quand il y en a un, tu peux être sûre qu’il va y en avoir plein d’autres. Un peu comme les paires de chaussures dans l’entrée.

Jusqu’au jour où, au bord du rouleau, je décide de le changer. Parce que des invités débarquent ou parce que je suis exaspérée. Ou parce que le rangement c’est maintenant. J’oriente le nouveau rouleau de papier hygiénique bien comme il faut, « par dessus », ce qui me laisse amplement le temps de me demander pourquoi, mais pourquoi, c’est toujours à moi que revient la mission de changer le rouleau vide ?

Remontée, je dis aux gosses « Faut qu’on parle. » Cette petite phrase leur fait dresser l’oreille. Tant mieux. Parce que l’heure est grave.
-La collection de rouleaux de PQ vides, c’est pour jouer au chamboule-tout pendant que tu fais tes petites affaires ou quoi ?
Le Grand hausse les épaules en mode t’as-pas-trouvé-plus-important-dans-la-vie
– C’est pas moi qui laisse le rouleau vide
– Ouais, un peu comme dans « Titanic », Jack n’est pas mort, en fait.
– J’vois pas le rapport entre un bateau qui coule …
– … et une mère qui sombre ??? Cherche un peu pour voir …
– Mais puisque c’est pas moi j’te dis… demande à Louloute.

Réponse de l’intéressée, qui s’indigne pour faire bonne mesure :
– À croire ! Non mais attends quoi… n’importe quoi, non mais genre quoi ….pfff…
– Écoute ma fille, c’est déjà assez dur d’être une mère 7 jours sur 24, enfin tous les jours de la vie et même à chaque heure, si en plus il faut passer derrière tout le monde… oui parfaitement derrière, et bien je trouve ça chiant. Voilà. C’est dit.

Z’Homme, à qui je pose la question, se révolte :
– Ah non, moi je finis jamais le papier !
– C’est donc toi qui laisses toujours une demi-feuille sur le rouleau ???
– Euh non je ne pense pas …?
Note : le cerveau de z’Homme a pris un RTT.

Pioupiou est le seul à être positivement ravi que je lui pose la question.
D’abord parce qu’il connaît le coupable, et ensuite parce qu’il va pouvoir le dénoncer contre un œuf Kinder.
Je vais l’inscrire à Koh-Lanta-Kids. À mon avis, il a des chances de gagner.

…And the winner is…

Le tirage au sort a désigné Marlène Bauer de Village-Neuf, qui recevra son exemplaire de la Saison 3 des 52 nuances de vie dès sa parution – félicitations Marlène !
J’en profite pour remercier chaleureusement tous les participants, c’est cool de vous compter parmi mes suiveuses & suiveurs 😉
À très vite pour la suite,
Barbara

Il était une Foire

barbara reibel forum du livre de saint-louis 2017

Merciiiii d’avoir lutté contre l’agoraphobie et d’être venus si nombreux me soutenir ce week-end à la Foire du Livre… pardon, au Forum du livre de Saint-Louis. Grâce à vous, j’ai épuisé tout mon stock, soit 40 bouquins des 52 nuances de vie, Saison 1 & 2 confondues.

Sérieux, j’ai vendu plus de livres en 1 jour qu’en 1 mois sur amazon, je n’en reviens toujours pas. Tandis que les éditeurs et libraires faisaient grise mine, sur mon stand, ça n’a pas désempli. Du coup, désolée pour ceux qui ont dû repasser 2 ou 3 fois avant de pouvoir me parler ou ceux avec lesquels je n’ai jamais pu terminer la conversation entamée.

Au-delà des ventes, qui vont surtout réjouir mon comptable et sa gestion des stocks, j’ai rencontré mon lectorat. Des femmes débordées qui en ont marre de changer le rouleau de papier toilette vide. Des z’Hommes z’amusés et solidaires qui passent aussi l’aspirateur à la maison et ne comprennent pas non plus le concept de la liste de courses. Des retraitées hyperactives qui offrent le bouquin à leur belle-fille au bord de la crise de nerfs. Des copains qui vont l’offrir à une amie, celle qui accouche, celle qui allaite, celle qui pouponne, celle qui reprend le boulot. Et surtout des fans qui attendent la saison 3 avec impatience !

Je vous aime très fort. Mais genre grave.

In ze merde peut-être mais smarter than US

président-trump-macron

Sorry but la supériorité intellectuelle des Français sur les Américains n’est plus à démontrer. For real. Elle a atteint un nouvel apogée hier soir, à 20h, quand le résultat de l’élection présidentielle nous a permis de pousser un gros « ouf » collectif. Yeah.

Collectif mais pas unanime parce qu’il reste tout de même 11 millions « d’ autres » qui pensent qu’une mégère pas apprivoisée défendra mieux leurs intérêts qu’un président 2.0 bien comme il faut. À Manu de leur prouver qu’ils ont tort. Mais ceci est un autre débat.

Moi je veux porter un toast au peuple français et à ses nombreux insoumis qui n’ont pas adopté la Trumpitude Attitude. Comme l’écrit si justement le satiriste Andy Borowitz du New Yorker, librement traduit par moi :

« Dans les bars et les cafés de France et de Navarre, les électeurs ont poussé un soupir de soulagement en sachant que leur passe-temps favori – se comparer aux Américains avec toute l’arrogance dont ils sont capables – restera d’actualité dans les prochaines années. »

Splendide. Perdre certains fondamentaux de la démocratie si chère à nos cœurs eut été un coup dur. Mais perdre le droit de se moquer des yankees eut porté un coup fatal à notre image de peuple libre et moqueur.

Une liberté certes toute conditionnelle, puisque nous sommes condamnés à rembourser une dette publique égale à toutes les richesses produites chaque années dans l’hexagone ! Notre dette a désormais atteint … 100 % de notre PIB (!!!) et oui, ça m’a fait pareil quand je l’ai lu dans Le Monde, mais rassure-toi, tout le monde s’en fout.

Raison de plus pour continuer à nous gausser de ce qui se passe outre-Atlantique. Après tout, si le symbole de la France c’est le coq, c’est bien parce que ce volatile peut encore pousser son cocorico alors qu’il a les deux pieds in ze merde.

Viens on s’aime

viens on s'aime

Le nettoyage de printemps continue chez moi. Je l’ai commencé très tôt cette année avec la virade d’un tas de vaisselle et d’ustensiles de cuisine défraîchis, dépareillés ou sous-utilisés.

Et des chauffe-plats de toutes les tailles. Des chauffe-plats, t’imagines la loose ? Qui utilise encore des trucs pareils ?

J’ai continué avec mes placards. Rangement façon Marie Kondo (voir mon résumé de son bouquin ici). J’ai viré les cintres et tout plié en escargot dans les tiroirs. On se croirait dans un magasin Haribo et je vois mes vêtements, tous mes vêtements, sous jour neuf. Effet secondaire indésirable : « j’ai plus rien à me mettre » doit désormais être remplacé par « je sais pas quoi mettre». Plus honnête mais moins pratique pour justifier une séance shopping. Mais au moins maintenant, plus aucun de mes t-shirts ne souffre à se retrouver tout en dessous de la pile. Tu n’y avait peut-être pas pensé à cette souffrance méconnue, mais Marie Kondo, si. Te moque pas, elle est devenue millionnaire avec son concept de home détox. Et d’autres ont suivi son exemple, comme les délicieuses sœurs Staub que j’ai croisé à Zurich.

Cette phase s’est terminée sur la séparation brutale mais nécessaire d’avec certains vêtements qui ne sont plus portables. Mais vraiment plus. Et pas seulement parce que je ne rentre plus dedans. Ahhhh le temps qui passe ! Rien de tel pour te flanquer le bourdon un jour de 1er mai sous la pluie. Le plus dur, tu sais quoi, c’était les ceintures. Rappel sans ménagement d’un autre tour de taille, celui d’ « avant ». D’avant bébé N°1, puis N°2, puis N°3. D’avant la sédentarité d’un job « à la maison ». D’avant les goûters partagés et les soirées un peu trop arrosées. D’avant le sérieux d’une vie de maman rythmée par les « repas en famille », cette blague qui consiste à croire que tes enfants vont manger avec plaisir un repas équilibré que t’as mis des plombes à préparer et vont t’aider à ranger la cuisine avec sourire et gratitude.

Troisième étape, après la cuisine et le dressing, l’écriture. En fait quand j’écris, c’est pour ranger le bordel que j’ai dans la tête. Rien de tel que de taper des mots sur mon clavier pour mieux comprendre ce que je veux dire. Ma tête est pleine d’idées qui volent, virevoltent et s’envolent avant que je n’arrive à les coucher sur le papier pour avoir des relations textuelles avec elles. Mais là, j’ai réussi à en clouer une au pilori de ma conscience.

Aimer et s’aimer. Même si le grand ménage laisse apparaître des vides sous forme de regrets, de déceptions, d’amertumes. Se rappeler cet incroyable cadeau d’être vivante et en bonne santé. Même si la poussière que je soulève pourrait bien me faire éternuer ou pleurer. Se souvenir que mes bien-aimés sont là, autour de moi. Allez, viens, on s’aime.