P’tit déj entre copines

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Nous les filles, faut qu’on cause. De tout et de rien mais surtout de rien. Je dis ça pour rassurer les z’Hommes qui seraient inquiets de nous voir sortir en bande. La vérité ? Z’ont bien raison de se méfier.

De temps en temps, je passe mon dimanche matin au café autour d’un p’tit déj entre copines. C’est la version Maghreb à l’envers : les meufs glandent pendant que les mecs tafent. Sinon à quoi ça servirait que le MLF il se décarcasse ? En même temps, on reste raisonnables : trois heures tous les deux mois parce que sinon, on le sait bien, nos z’Hommes iraient droit au burnout.

Lâchées sans leurs coqs respectifs

les cocottes que nous sommes gloussent et caquettent autour d’une tasse, à défaut d’un ver. Il est vraiment encore trop tôt pour s’alcooliser, surtout qu’on vient de se prendre le passage à l’heure d’été en pleine face. Une heure de sommeil en moins, à nos âges, crois-moi que ça se lit sur les visages. Alors on décide de becter un p’tit-déj politiquement correct. Pas de crémant mais une bonne dose de lactose et de gluten sous la forme d’un cappuccino-baguette, diététiquement fourbe mais teeeeellement bon au palais !

En attendant le pic d’insuline

qui va nous faire gentiment redescendre de notre nuage glucidique, on reste dans les sujets légers du moment : côté vernis, le rouge est Mé(lan)chamment out et le bleu Marine fait couler beaucoup trop d’ancre. Printemps oblige, l’épilation revient sur le devant de la scène et on a une pensée émue pour tous les sourcils broussailleux de France. Par ricochet, on parle chirurgie esthétique. Les oreilles benoîtement décollées, ça se corrige vraiment bien de nos jours.

On en finirait presque par parler politique

si nos préoccupations n’étaient pas bien plus vitales : nos z’ados (forcément pénibles), nos z’Hommes (pas mieux) et nos belles-mères (pires). Et c’est là qu’entre filles on se fait une vraie thérapie de groupe parce que tous les pubères de la planète, tous les maris du monde et toutes les belles-doches de la galaxie présentent les mêmes caractéristiques. Ahurissant. Par exemple, nos z’ados nous posent les mêmes questions bien nulles, du genre « je peux arrêter l’école et prendre des cours par correspondance ? ». Et là, surprise, on répond toutes comme un seul z’Homme : DATP. Ou Demande À Ton Père. Et d’ailleurs, à propos de père, on a constaté à l’unanimité qu’un z’Homme, au bout d’un moment, sa fonction tâches ménagères elle se désactive. Étonnant, non ? Quant aux gentilles belles-mères, on a pu constater qu’elles étaient en voie d’extinction. Comme les baleines.

Reste plus qu’à se trouver un appart en coloc entre filles.

On y travaille.

Barbara

Mauvaise pioche

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L’autre jour je suis allée planter des arbres. À la demande de nos arboriculteurs qui avaient besoin d’aide pour mettre en terre 700 bébés nectariniers. Lesquels ne se plantent pas tout seul dans un verger en mode « cliquer-glisser ». Hélas.

Je suis toujours partante à l’idée de donner un coup de pouce. Ou un coup de main. Ou même un coup de pied dans la mare – ou un pavé dans la fourmilière si tu préfères – pour rallier les autres membres de la tribu à ce noble projet. Surtout qu’on avait parrainé trois arbrisseaux qui allaient porter le nom des greffons. Ce geste auguste de l’arboriculteur les a pourtant laissé – c’est un cas rare – de marbre. Hermétiques à la poésie autant qu’à la météo favorable, ils m’ont mis un râteau.

Le Grand n’a même pas tenté de feindre un pseudo-intérêt, il a juste grogné un « j’peux pas, j’bosse » qui sentait son ours mal léché de derrière la caverne. Louloute a levé les yeux au ciel, genre WTF #omg, et m’a balancé tout en tapant furieusement sur son portable « j’peux pas-eu, j’ai répète avec mon groupe-eu. Et j’te l’ai dit-eu alors fais pas genre tu sais pas-eu». Je me refuse à ouvrir le match « non tu m’l’as pas dit- si j’te l’ai dit – non – si – non – si – etc. ». L’endurance de Louloute à ce petit jeu-là dépasse largement les limites de ma patience.

Je me suis alors tournée vers le co-créateur des greffons, mon roc, mon cap, ma péninsule, ma lumière dans la nuit : z’Homme. Mais le phare était éteint. Ampoule cassée. Générateur en panne. La totale. En fait d’illumination, z’homme venait de se découvrir une soudaine affinité pour les courses du samedi après-midi. Ce fait est suffisamment rare pour que j’en parle, aussi insolite qu’une chambre d’ado rangée. C’est dire.

J’ai fini par partir avec le Pioupiou, le seul qui pouvait pas retourner sa veste, mais qui s’est vengé en râlant copieusement pendant tout le trajet. Une fois arrivée sur place, j’ai réalisé avec effroi qu’un champ, c’est boueux. Eh oui, voilà ce que c’est de vivre en « hors sol » et de faire exclusivement les rando fléchées du Club Vosgien. Après tu sais plus à quoi ça ressemble, la nature, la vraie. J’avais une vieille paire de bottes dans mon coffre, ça m’a permis de sauver la face, pile avant de faire une mine déconfite au vu des pelles alignées tête bêche contre la clôture. Je venais de comprendre qu’il allait falloir creuser, en fait. Pendant ce temps, Pioupiou s’était trouvé un pote avec lequel il se faisait un remake de StarWars version rurale, avec de grosses modifications dans le scénario et aucun arbre à planter en perspective.

Et moi qui pensais qu’on ne ferait qu’assembler les bébés arbres dans des trous déjà pré-percés, alignés et calibrés, avec mode d’emploi et visserie de rechange. Apparemment, j’étais la seule à faire mes courses chez Ikea parce qu’autour de moi, tout le monde s’est joyeusement emparé des outils pour attaquer le bêchage en mode hey-ho hey-ho on rentre du boulot. À croire que l’Univers avait décidé de me faire payer en une fois (et juste à moi) tous les méfaits que l’Homme a fait subir à la planète.

J’hésitais encore à prendre un outil par le manche, quand le proprio des arbres fruitiers en devenir, Fredo la malice, m’a planté une pelle dans la main et collé une tape sur l’épaule. Je crois qu’il a eu pitié de moi parce qu’il m’a aussi montré comment faire. Deux fois. Au ralenti. Après ça, j’ai bêché en ruminant, couleur locale oblige, tout en me fabriquant tranquillement des ampoules aux mains assorties d’un ou deux lumbagos pour aller avec. La campagne, quand ça vous tient.

Embrouilles par SMS

SMS Humour Me

L’avantage quand t’as une fille, des nièces et des filleules, c’est que t’es jamais à court de drame. Petites, elles se fâchent régulièrement avec leurs meilleures amies du monde ; grandes, elles se fâchent régulièrement avec leur petit copain du moment.

Par SMS interposé. Parce que, la modernitude aidant, ce n’est plus des petits billets froissés que l’on s’échange entre amoureux mais des textos. Qui se dégainent plus vite que les stylos. L’une de mes nièces s’est plainte qu’elle en avait marre de son petit copain, qu’il la « saoulait »  et qu’ils n’arrêtaient pas de « se prendre la tête », bref qu’elle allait bientôt le larguer, heureusement qu’elle avait pas encore tatoué son nom sur l’épaule, et même que ça sera sa faute si elle prend 10 kilos à force de se consoler avec Ben & Jerry.

J’ai failli lui dire adopte un poisson rouge mais je crois qu’elle l’aurait mal pris. À la place, tata diplomate que je suis,  je lui ai demandé ce qu’elle lui reprochait. Elle m’a montré le fil de leur dernière conversation en mode « tu m’expliques comment je peux rester avec ce loser ? ». Elle m’a même autorisé à publier leur échange textuel. « De toutes façons, je suis du Bélier et lui c’est un Capricorne, ça aurait jamais pu marcher entre nous ». Vu comme ça.

De mon temps – oh merde je commence à parler comme ma grand-mère, la voix chevrotante en moins – on se disait les choses en face. Comme ça, pas de traces, rien qui pouvait être retenu contre nous. Encore moins publié sur le blog débile d’une tata cheloue. Bon d’accord, de mon temps, y avait pas encore le téléphone portable. Ça nous a aidé, c’est sûr. Comme quoi le progrès…

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Le mystère des chaussettes orphelines

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C’est un mystère, une énigme, une malédiction. Régulièrement, les chaussettes disparaissent chez nous. À croire que le sèche linge, c’est l’Île de la Tentation des chaussettes : elles arrivent ensemble et repartent séparées*.

Un sèche-linge assez diabolique pour gober des chaussettes tout cru, j’ai du mal à le croire. Sauf les nuits sans sommeil. Quand la maison fait du bruit et que mon imagination fertile me persuade que ma cave est pleine d’entités qui font la noce. Je préfère pas aller vérifier et laisser les esprits prendre leur pied avec des chaussettes. Mais ce qui me laisse complètement désorientée dans ces disparitions aussi régulières que perplexifiantes, c’est : pourquoi seulement une chaussette et pas la paire ? Ça serait trop facile, en effet, et ça ne mériterait pas un billet.

La pseudo Fred Vargas en moi a eu envie d’en savoir un peu plus. Je me suis tournée fort logiquement vers les greffons pour tenter de comprendre cette énigme. Oui, parce qu’en général, quand quelque chose manque dans la maison, soit ils l’ont perdue, soit ils l’ont cassée. C’est pas qu’ils mentent, c’est qu’ils préfèrent ne pas l’ébruiter. Des fois que je les priverais de portable.

Le Grand ricane de ma question. « Mais oui maman, c’est ça, quelqu’un vient voler les chaussettes, et ça se passe la nuit.  D’ailleurs maintenant que tu le dis, je crois bien avoir vu un gnome voleur de chaussettes se faufiler dans la maison pas plus tard qu’hier soir. » Un peu vexée qu’il me prenne pour une pré-sénile, je lui dis que s’il les a paumées, par exemple dans une soirée bien arrosée – c’est le coup classique, tu remets tes chaussures, si toutefois tu les retrouves, et oups il te manque une chaussette – il peut me le dire. Je lui ferais quand même des lasagnes à midi, je suis pas comme ça. Mais il a déjà repris sa partie sur LoL, mettant un terme définitif à cette conversation pourtant essentielle.

Louloute, soumise à la question, la même, ne voit pas non plus. Elle pense qu’il y a peut-être une cachette secrète dans le sèche-linge ? Ben je l’ai pas trouvée, et c’est pas faute d’avoir cherché. Une désintégration de chaussettes, pense-t-elle ? C’est le moment où je me demande si elle sèche ses cours de physique ou quoi. Avec un gros soupir d’ado, elle me suggère de faire ma courbe de deuil. Elle préfère être honnête : «  je sais, c’est moche, mais elles reviendront pas, alors autant accepter leur départ définitif, tu crois pas ? ». Bon, au moins elle a pas séché ses cours de philo.

L’explication la plus poétique de ces disparitions en série revient à Pioupiou. Selon lui, les chaussettes seraient parties au ciel, comme papy. Et un jour on les retrouvera. C’est touchant. Un peu flippant, mais touchant. J’ai failli verser une larme en imaginant toutes les chaussettes orphelines du monde qui se donnaient la main. Enfin le pied. Enfin bref.

Si tu penses que je suis pas toute seule dans ma tête, je te signale qu’une association a été créée qui s’appelle Chaussettes Orphelines (tu peux vérifier ici parce que je vois bien que tu me crois pas). Comme quoi c’est un vrai problème de société et on n’en parle pas assez. Enfin je trouve.

Barbara

 

*Merci à Foozine pour cette trouvaille