Vincent Delabia gagnant du concours à la 33ème Foire du livre de Saint-Louis

Ça y est, une main innocente (ma fille) a tiré au sort le nom du gagnant du concours organisé à la 33ème Foire du livre de Saint-Louis.

And the winner is : Vincent Delabia de Saint-Louis, qui a choisi les 52 nuances de vie.

Bravo à lui ! Et pour que les autres participants ne repartent pas les mains vides, ils recevront un lot de consolation qui leur parviendra par courriel.

Encore merci à toutes et à tous pour votre participation !

 

Ça roule, ma poule !

Ma mère a installé deux poules dans son jardin. Jusque là, tout va bien. Sauf que son jardin jouxte le nôtre. Et là rien ne va plus.

Il y a des jours où je me repenche sur mes choix de vie, ceux qui comptent et qui font tout basculer. Parmi mes questionnements du moment, il en est un qui est particulièrement d’actualité : pourquoi, mais pourquoi, ai-je emménagé à côté de ma mère ?

Non parce que tu vois, quand t’as un voisin qui a la lubie des cocottes, tu peux lui conseiller l’origami, ça coûte rien d’essayer. Ou alors tu lui suggères d’installer son poulailler à l’autre bout du jardin, façon polie de lui dire d’aller se faire cuire un œuf ; au pire tu lâches un renard dans le jardin.

Mais quand la voisine c’est ta mère, et qu’elle rallie ses petits-enfants à la cause volaillère, les poulettes ont vite la Cot cot. En plus, ce sont de véritables poules made in Nidorfla, labellisées et primées aux concours avicoles, et quasi aussi sacrées que des vaches en Inde, ohna wetz*. Il est par conséquent formellement interdit d’articuler la moindre critique à l’encontre des gallinacées, véritables coqs en pâte que la mère poule couve d’un regard ému. À croire que c’est des poules aux œufs d’or.

Quand je parle de tordre quelques cous, le grand hausse les épaules. Il s’en fout, du moment que son emploi du temps ne change pas : Ligue Of Legends, manger, LOL, travailler, LOL dormir.

Si j’ai le malheur d’ouvrir le bec, la cadette me demande de quoi je me plains, d’abord, j’ai des œufs tout frais maintenant et « grave trop bons ».

Quant à Pioupiou, il a découvert, émerveillé, l’univers hautement instructif de la basse cour et prépare une thèse sur la vie des poules. C’est une affaire sérieuse : il met son réveil pour être le premier à les faire sortir de leur nichoir et est complètement agité si elle ne rentrent pas tout de suite dès la nuit tombée.

Z’homme reste stoïque : finalement, tant qu’il est le seul coq de la basse-cour, ça lui va.

 

* ohna wetz (alsacien) = sans blague

 

Un TomTom et une nana

Pioupiou, c’est un peu notre TomTom à nous, un croisement entre un chien policier et une appli de géolocalisation, un bureau des objets trouvés. Grâce à lui, tout ce qui est perdu de recherche finit éperdument retrouvé. Exemple en images.

Le matin :

« pioupiou, t’aurais pas vu mon portable par hasard ? »

(oui parce que je le cherche un peu en permanence, vu qu’il est pas greffé sur ma main contrairement à d’autres, hein, hein, HEIN ?!!!)

Il me répond  sans lever les yeux de son lego StarWars :

« Il est dans la salle de bains, à côté de la brosse à dents »

« Waouh, comment tu sais ? »

« Ben parce que tu lis toujours quand tu te brosses les dents. Et après t’oublies. »

C’est pénible quand ton gamin remarque tes petites manies. Surtout celles dont t’es pas fiérote. Ça te fout un peu la honte.

A midi :

« pioupiou, t’aurais pas vu mon portable par hasard ? »

(c’est comme j’ai dit, du coup je l’oublie plusieurs fois par jour, c’est plus marrant)

Il me répond sans lever le nez de son Geronimo Stilton :

« Il est sur la table de la cuisine, à côté de la tasse »

« Ah bon ? »

« Bah oui, tu lis toujours quand tu bois ton café »

Vu comme ça, je sais, ça peut faire un peu accro de la lecture, mais même pas c’est vrai.

Le soir :

« Maman, si tu cherches ton portable, tu l’as oublié dans la voiture »

Gné ???

Il lève le nez de son dessin :

« T’allais me demander, nan ? »

 

PS : c’est le gosse de qui, çui-là ?

 

La femme chocolat

Si ça ne tenait qu’à moi, je collerais Pâques en hiver. Parce que faire coïncider la haute saison du chocolat avec l’arrivée des beaux jours, je sais pas qui a eu cette idée, mais c’est vraiment pas cool.

Je m’explique : printemps rime avec amincissement. Avec ma ligne qui tient plus de la courbe que de l’angle, l’arrivée des beaux jours est forcément une source de stress. Surtout quand z’Homme me fait remarquer avec toute la diplomatie dont il est capable que je me suis un peu enrobée cet hiver (rassure-moi, c’est le tee-shirt qui te grossit comme ça ?) Je me dis que la vie est trop injuste : une poule enrobée, quand elle est au chocolat, ça dérange personne hein !

Mais revenons-en à nos agneaux qui, ayant l’avantage d’être trois, se sont vus offrir une montagne de lapins de Pâques dans toutes les tailles et dans toutes les variations, noir & blanc ou couleur, TROOOP mignons pour les mettre au placard. Résultat : à chaque fois que je passe devant la machine à café – et c’est quand même souvent dans une journée de blogueuse au foyer – ils me tapent dans l’œil.

L’opération maillot a peut-être commencé, mais les bourrelets de l’hiver jouent les prolongations. Alors je craque et j’en croque. Mais comme dans les polars, le plus difficile est de brouiller les pistes.

L’adulescent me demande, perplexe :

– « Maman, je trouve plus mon lapin, tu sais le tout grand ? Tu l’as pas mangé quand même ? »

Je feins l’indignation :

– « Ah non, c’est pas moi. »

Et j’ajoute, pour faire bonne mesure :

– « Je le jure sur le pot de Nutella. »

Puis je balance sournoisement :

– « Ça doit être pioupiou qui l’a mangé, je vois que ça. »

Pioupiou – j’aurais pourtant juré qu’il était plongé dans son bouquin – se récrie avec véhémence :

– « C’est pas vrai, c’est pas moi ! »

Il clame son innocence avec tant de sincérité que j’embraie pour faire diversion :

– « C’est sûrement ta sœur alors ? »

Mais Pioupiou se sent obligé de rajouter :

– « Nan c’est pas elle, je la surveille. »

C’est hélas la triste réalité.

Je joue alors mon va-tout :

– « À tous les coups c’est papa ! »

Ne me jugez pas : le chocolat suisse, ça le vaut bien.

 

Et comme dirait mon père, la meilleure défense c’est encore l’attaque.