Big stress

Bon ben ça y est, j’ai bouclé mon Programme Déstresse Express. Celui de mon autre vie, sur mon autre blog, www.en-1-mot.com. Oui, j’ai du penser à un moment de ma vie que les blogs, ça allait de paire, comme les lunettes. C’est tout moi, ça : généreuse jusque dans l’excès.

C’est sans doute pour ça que j’ai trouvé urgent de parler de stress. Et devine quoi ? Sortir un programme antistress, c’est pas déstressant pour un sou. Je ne vais pas te faire le coup du cordonnier qu’est toujours le plus mal chaussé, parce que tu le sais déjà, quand tu donnes aux autres les conseils que tu ne t’appliques pas à toi-même. Et ben là c’est pareil : j’explique aux autres comment se détendre alors que je tape sur mon clavier comme une brute et que j’aboie sur quiconque rentre intempestivement dans mon bureau.

C’est pas parce que tu baignes dans la sophrologie et le yoga à longueur de journée que tu te sens plus détendue. Nan nan. En fait, si tu veux vraiment te détendre, il faut te les prendre ces fichues 5 minutes chaque jour … ou plus si affinités. Évidemment, on n’a pas tous trois heures devant nous chaque matin comme le Dalaï-lama pour méditer, rapport qu’on a des greffons à lever, habiller, vêtir, nourrir, voiturer, et aussi voiturer, et puis voiturer encore … et j’ai déjà dit voiturer ?

Mais on a toutes et tous 5 minutes par jour. En principe. Quand la famille Tuche ne s’invite pas chez nous. L’autre jour, j’étais bien décidée à me brosser les dents en pleine conscience. C’est un truc de malade, où tu es au ralenti dans le plus pur style des paresseux de Zootopie (si t’as pas vu le film, cours-y vite), et tu mets un temps fou à faire un geste que t’expédie normalement en 30 secondes chrono tout en faisant mentalement la liste des courses et en écoutant les infos à la radio. Enfin dans les bons jours. Mais ce matin-là, je m’étais armée de patience, laquelle n’est pas ma qualité première qu’on se le dise, quand patatras : pioupiou est entré dans la salle de bains en pleurnichant parce qu’il trouvait plus son slip Star Wars, la cadette m’a rappelé les sandwiches à préparer et z’Homme m’a demandé si je n’avais pas vu sa ceinture, tu sais celle en cuir marron ? Après avoir recommencé plusieurs fois le geste de poser de la pâte dentifrice sur ma brosse à dents à la vitesse d’un arrêt sur image, j’étais plus vraiment dans l’ambiance. Va comprendre pourquoi.

Demain, c’est promis, je m’y remets. Je vais tenter la cohérence cardiaque. Cinq petites minutes de respiration en conscience, à regarder une bulle de couleur monter et descendre sur l’écran de mon portable, ça devrait être faisable, non ? J’attendrai juste que tout le monde soit parti, c’est plus sûr.

En même temps, comme dirait mon père (qui l’a piqué à Desproges) : la détente, faut surtout pas appuyer dessus.

Aie confianssss

L’hypnose me captive et Messmer m’intrigue : il ne m’en fallait pas plus pour assister au spectacle du fascinateur québécois. Je me demandais surtout s’il aurait le regard envoûtant et la voix hypnotique de Kaa, le serpent aux yeux perçants du Livre de la jungle. On a les références qu’on peut.

Je m’attendais à voir Messmer faire les yeux ronds, en spirale, comme ceux de Kaa -raté, l’hypnotiseur n’a rien du vil reptile qui veut gober Mowgli. C’est pas pour casser du boa sur son dos ni pour répandre mon venin, mais le seul point commun que je lui vois avec le python beige, c’est les pigeons bêtes qui se laissent envoûter. Tant voûtés qu’à la fin ils se cassent, d’ailleurs certains ont dû quitter la scène.

Mais ceux qui restent sont forts : fort impressionnants, de véritables champions à la manière de François Pignon. On aurait bien aimé participer, nous aussi, mais on a lamentablement échoué au fameux test « au compte de trois, vos doigts se collent et vous n’arrivez plus à les décoller ». Comme près de 2000 autres personnes dans la salle, z’Homme et moi on n’a jamais perdu l’usage de nos doigts ce qui nous a mis d’office à l’index. Quelques poignées de participants, tous majeurs, sont restés doigts figés jusqu’à ce que Messmer intervienne presque manu militari.

Évidemment que j’ai tout de suite pensé que c’étaient des comédiens, vous me prenez pour qui non plus ? Et puis, sur scène, c’était un peu ambiance Foire du Trône : Messmer s’entêtait à les faire téter à tâtons les tétons d’une mère fictive, la Femme Sans Tête aurait pu faire la première partie de spectacle. Demandez l’programme, m’sieur, dame ! Mais il semble que les « réceptifs » suivent la voix de leur maître à l’insu de leur plein gré. Que Garcimore se décontraste et que Majax remballe, y’a pas de truc.

Alors je me suis prise à rêver : et si je parvenais à hypnotiser les miens, histoire d’améliorer mon quotidien ? Tu imagines pioupiou qui, au compte de trois, attendrait que j’aie pris mon café en intraveineuse avant de me parler, le matin ? Et l’adulescent, cet hybride mi-adolescent mi-adulte, tu le verrais en transe, lâcher son téléphone portable et son clavier d’ordi pour vider le lave-vaisselle en souriant ? Quant à z’homme, alors là j’ose à peine y songer : je lui dirais « Dors, je le veux ! » et il retiendrait TOUT, mais absolument tout, ce que je lui dis. Finis les Post-it sur le frigo. Bon là j’arrête , je me fais trop de mal.