Cours Hillary, cours !

Ça y est, c’est officiel : Hillary Clinton entre dans la course à la présidentielle. « Running for president » ce n’est ni courir pour le chef suprême, ni lui courir après, mais c’est gagner la première les primaires puis faire sauter la baraque sans culbuter Obama.

Une femme de tête chef de la 1ère puissance mondiale, moi je dis chapeau ! Ce serait une première et un véritable tête-à-queue pour cette femme qui porte la culotte. L’ex First Lady deviendrait la première dame de l’histoire américaine à qui l’on chanterait « Happy birthday Missis President pom Pompidou ». Ce vieux Billy serait bombardé First Gentleman, un titre qui lui irait à ravir compte tenu de sa galanterie notoire. Hillary, qui préfère le calumet de la paix à la pipe, a pardonné à sa moitié son maniement peu orthodoxe – osons le mot, infidèle – du cigare. Bien qu’il n’y ait pas de fumée sans feu, elle a été chique et n’a pas voulu réduire en cendres sa carrière. Elle a préféré faire un tabac en lui accordant une indulgence prisée. Mais s’il veut assurer ses arrières, plus question d’avoir le feu aux fesses ou alors il devra l’éteindre tout seul car Hillary a pris les pompiers en grippe. Peut-on réellement lui en vouloir ?

Dans son clip sur les « everyday Americans », la future présidentiable se présente comme une « femme normale ». Ce qui n’est pas sans rappeler un certain Président auto-proclamé normal et dont le nom, qui évoque l’autre pays du fromage, aurait dû nous inciter à la méfiance : cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. Car à tout prendre, la normalité d’Hillary, classée par Forbes dans le Top Ten de la liste des femmes les plus puissantes du monde, est sans doute préférable à celle d’un homme inexistant sur la scène internationale. Non, le seul point commun que je leur vois est d’avoir fréquenté le barreau, pas le Barreau de Chaise puisqu’ils sont tous deux non-fumeurs et que Hillary voit rouge quand on lui parle d’un Havane. Sans mentir, si le ramage de Hillary se rapporte à son ménage, elle sera le Phénix des USA. Un oiseau légendaire qui renaît de ses cendres et qui, contrairement au corbeau, ne laisse pas tomber sa proie.

Mon t’huitième anniversaire

Rien de plus logique, pour une blogueuse, que de fêter son tweetième anniversaire. C’est mieux que de tirer la tronche –faire une face de bouc, comme on dit dans le jargon. J’épingle les tableaux d’inspiration plutôt que les années qui s’envolent et je publie des vidéos qui ne deviendront pas des tubes. Mais qu’importe ? L’essentiel étant de se souvenir que la Vraie Vie n’est ni sur la toile, ni sur les réseaux antisociaux.

La vie et un anniversaire grandeur nature donc, avec une bande de potes arrivés eau compte-gouttes, pas comme l’inondation dans la cave, découverte par hasard en cherchant les bouteilles destinées à éponger notre soif. 1 cm d’eau sur 35 m2 de stratifié ça fait 350 litres d’eau : heureusement que z’homme est un technicien de surface dans l’âme (voir mon billet précédent Le bonheur selon z’homme). Il a écopé de la tâche ingrate consistant à passer l’éponge pendant que je me la coulais douce avec mes invités. La soirée a donc commencé entre deux eaux mais une fois la cave sèche et les copains imbibés, elle a continué en eaux troubles. Comme ils tous un grain, on a riz et piqué des fous-rires mais quand une andouille m’a joué un tour de cochon en m’offrant une langue de bovin, ça m’a pris aux tripes et j’ai plutôt ri jaune. L’appendice a fait un effet bœuf et moi qui ai d’habitude la langue bien pendue, pour le coup je l’ai avalée. La farce était subtile pour une pro-bilingue, vache pour une pro-végé et très en-dessous de la ceinture, même pour une pro-50 nuances de Grey, sauf à être zoophile-nécrophile. Sautant du coq à l’âne, mes copains comme cochon entament un épique Pictionary en équipe : Mars contre Vénus, encore une histoire de Gray – mais pas le même, faut suivre – où l’on comprend assez vite que si les femmes ont de l’imagination, les hommes sont peu subtils. S’envoyer les réponses par texto, ça ne peut pas passer inaperçu bien longtemps, n’en déplaise aux rusés renards. Fines mouches, nous les avons laissé faire les coqs tout en gloussant quand ils ont perdu : ils gagneront quand les poules auront des dents ou s’ils intègrent une équipe de filles, Mars et Vénus (enfin) réconciliés. Ce qu’un furieux Times Up en équipes mixtes sur fond de fin de guerre des sexes a d’ailleurs démontré. Qui nous a fait rire aux larmes, de crocodile bien sûr.

 

Le bonheur selon z’homme

Depuis le dimanche de Pâques, z’homme est de bonne humeur. Ça doit être le chocolat. Celui que le lapin a planqué dans le jardin. En l’occurrence, la lapine. Mais je ne vais pas lever le lièvre, encore moins la levrette, car je sais de source sûre que z’homme lui a mis la main au panier.

Le chocolat, c’est bien connu, est un puissant antidépresseur et Pâques marque la fin de la Carême, donc le début des (ré)jouissances. Et puis, le week-end pascal a le bon goût de tomber au printemps qui, c’est bien connu, vous change un z’homme. Il se lève en sifflant car 1° il fait beau et 2° il va pouvoir nettoyer les sols. Bref, le bonheur selon z’homme. Ma petite fée du logis passe l’aspirateur en peignoir, dans le plus pur style Maître Yoda, qui d’ailleurs que l’on se moque de lui n’aime pas. Après l’aspi vient la serpillère et là sa bonne humeur s’altère car nous sommes quatre à fouler invariablement les surfaces encore humides. En clair et en décodé : là où il passe, la famille repasse et sa gaité trépasse. C’est que les enfants et moi répondons mal aux injonctions du type « attends 10 minutes que ça sèche ». Car 10 minutes, c’est quand même un peu le bout du monde. En 10 minutes, l’ado envoie 37 textos, la pré-ado s’abonne à 18 nouvelles chaînes You Tube et le petit étale ses Pet Shops dans toute la chambre. Et moi, j’ai le temps d’écrire ce billet. Enfin, les 3 premières lignes. C’est vous dire.

Je sens l’hostilité qui monte en z’homme, confirmée par un « Got verdammi noch e mol !». Preuve, s’il en fallait, que z’homme, qui peut être doux comme un agneau, n’est pas un agneau de Dieu. A défaut d’aimer la chaire, il a un penchant pour la bonne chère et une inclination, mais carrément genre tour de Pise, pour la chair tout court. Ce qui le perdra car j’exploite sans vergogne cette faiblesse en l’appâtant de mes appas. Je sais qu’une fois la mise en rut lancée, plus rien ne l’arrête, même pas – tenez-vous bien – des traces de pas dans l’entrée ! Faible est la chair car tombe le peignoir et la suite de l’histoire n’est pas à mettre entre toutes les mains. Surtout quand elles s’adonnent à des jeux de vilains. Quand, un peu plus tard, z’homme se pique de reprendre le lavage des carreaux, qu’il fait comme un as, je n’ai pas le cœur à l’en dissuader. Certes, sa rapidité n’est pas son atout mais c’est le roi du travail soigné. Ayant repéré les traces de semelles, il prétend que nous le prenons pour notre valet. Nous protestons en chœur. Mais au moins maintenant, il le dit avec le sourire. Sacré printemps, va !