10 km à pied, ça use, ça use …

Z’Homme m’avait dit que le parcours des 10 km était « presque » plat. Devant mon manque criant d’enthousiasme, il me l’a emballé dans un charmant package wellness-gastro, avec un joli nœud autour. Comment aurais-je pu refuser ?

Quand z’Homme, l’habitué des cimes, des sommes et des sommets en tous genres, en somme, m’a parlé de platitudes insignifiantes, au sens topographique du terme, mon détecteur de mensonges aurait dû s’allumer. Il était sans doute en panne ce jour-là et cette Pana me Coutta car au lieu de jouer la gazelle bondissante, ou plutôt la donzelle vrombissante, je me suis retrouvée, sifflant et ahanant telle une belle matée, ou plutôt une mule bâtée. Gravissant une côte qui n’en finissait plus de monter, ce qui est un peu la vocation d’une côte, sinon ça s’appellerait une pente, ou une pentecôte pour les indécis, j’eus tout le loisir de maudire z’Homme et sa définition – gonflée – du faux-plat qui revient à dire d’une montagne qu’elle est presque en plaine. En butte à cette ascension, donc, qui ressemblait à s’y méprendre à une descente aux enfers, je priais Saint-Odile, patronne de l’Alsace et du Mont du même nom, pour qu’elle abrège mes souffrances. Et puisque j’y étais, j’en ai profité pour lui demander quelques sous de jugeote, parce que quand même une course baptisée « des châteaux », au pied d’un mont vosgien qui culmine à 764 mètres, faut pas être major de promo pour piger que ça va forcément grimper à un moment. Un long moment même, de 43 minutes pour ce qui me concerne, soit 6 km de montée pure – et dure.

Heureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, les moins bonnes aussi, et je finis par atteindre le pic-verte- où se trouvait le premier et seul point de ravitaillement du parcours. J’aurais bien demandé une civière mais ils ne distribuaient que des oranges : pas de quartier pour les coureurs. J’avais déjà flingué au moins trois vies de chat et c’était pas fini, vu la méchante descente de 4 km qui m’attendait. Parce que, descendre de la montagne, ni enchantée, ni en chantant, en évitant les racines, les cailloux, les plaques d’herbes qui glissent et les autres concurrents, c’est du sport. Je vous la fais courte : j’ai fini par boucler la boucle en 1h03 et ça ramène à un petit 662 le nombre de personnes qui m’ont dépassé, à mon nez et à ma barbe. Ma barbe-à-ras, cela va de soi.

J’aurais bien aimé en vouloir encore un peu à z’Homme. Mais raconter son chemin de croix autour d’une bonne table sans faire de cène c’est finalement pas si mal que ça. Finir par un bouillon au jacuzzi et un chaud-froid au hammam, ça donnerait presque envie de recommencer.

 

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